dernière lune
 

Insomnies chroniques

Dans le silence de la nuit les idées de l'insomniaque s'agitent...toujours...

sauter 

Pourquoi?

Et avant?

22.3.03

( 12:19 )

Café, croissants et journal

Petit déjeûner du samedi. Prendre connaissance de l'actualité de la semaine bien confortable chez soi. J'ai honte.

Et puis le téléphone sonne. On me raconte d'autres horreurs et moi j'écoute. Je suis impuissante. Vraiment ? Qu'est-ce que je peux faire concrètement sinon écouter, réconforter et conseiller avec le plus de discernement possible dans les circonstances ?

J'aimerais pouvoir trouver cette machine à remonter le temps, identifier ce point de non-retour. Reculer. C'est inutile.

Je voudrais qu'on me réconforte et qu'on m'entoure aussi. Je voudrais qu'on me dise quoi faire et qu'on soit là pour moi, qu'on me tienne la main. C'est impossible.

J'ai froid et j'ai cette angoisse qui se tord à l'intérieur. J'aimerais comprendre un truc, juste un. Il y en a trop.

Ma vie présentement est un tourbillon de fils qui s'entrecroisent et s'emmêlent, qui serrent de plus en plus. Elle s'insère très bien dans le monde et son actualité. Pourtant j'arrive à sourire. Est-ce normal ?

Je voudrais crier quelque part mais il n'y a pas d'endroit. Même ici je ne peux pas. Ma guerre intime ne se raconte pas. Je n'y arrive pas. Et puis ça servirait à quoi ?

Je voudrais juste que mes fils soient heureux. Bien. Leur offrir un nid sain. Les abriter. Puis ensuite avoir le privilège et le plaisir d'être moi, debout, vivante.

Aucune idée comment je vais arriver à ça. Aucune idée.

Est-ce cela qu'on appelle devenir adulte ?
# 91185285   L'insomniaque

( 12:01 )

Dans le sommeil

Je trouve le repos du corps mais pas celui de l'esprit ces derniers temps. Quelqu'un connaît un bureau de réclamations pour se plaindre des rêves sordides ? Je demandais ça comme ça.
# 91184567   L'insomniaque

( 09:10 )

La vie parfois

Drôle de vieC'est une salade de fruits. Un mélange de douceurs et d'amertumes, un mélange de textures et de consistances. Je n'aime pas les pamplemousses dans la salade de fruit. Une fois que j'en ai croqué un morceau, tout le goût se transforme. Je n'aime pas non plus les pelures de pommes, encore moins les pépins de pommes et de raisins. Ça gâche le plaisir parce qu'il faut les isoler quelque part dans sa bouche pour pouvoir les recracher. Quelquefois il est trop tard parce qu'on les a déjà croqués et les débris sont partout.

Ma vie parfois est comme une salade de fruit. Heureusement qu'il reste les pêches et les mangues. Les cerises ne sont pas mal non plus. Et que dire des melons cantaloupes et des melons miel... ? Il m'arrive de choisir mes bouchées, c'est un luxe que je m'offre.
# 91178783   L'insomniaque

20.3.03

( 20:15 )

Un peu débordée

Et aussi dépassée, je dois avouer. Il y a tellement de choses dans l'air : Des événements mondiaux, des préoccupations professionnelles, des soucis familiaux, des sollicitations intimes... J'en arrive certains jours à me mettre sur le pilote automatique et à fonctionner, une heure à la fois, à plein régime, sans trop réfléchir. Question de survie.

Il y a Fredoux qui me parle de la guerre, qui l'analyse à sa façon, avec ses yeux. Je ne sais quoi lui répondre, comment lui expliquer le monde dans lequel nous vivons. Je ne sais que le réconforter, lui demander s'il a peur, lui dire que je suis là. Mais lui et moi savons bien que ça ne le protège nullement de toutes cette haine ambiante. Même pas le début du commencement du moindre petit bouclier.

Mais nous sommes ensemble, c'est déjà beaucoup, je sais.

Il y a le boulot qui me presse comme un citron dernièrement. J'en arrive à me demander si c'est moi qui ne suis plus faite pour ce travail, si je ne me laisse pas trop envahir par mes clients, par leurs préoccupations surtout. En écrivant cette phrase je m'aperçois du ridicule qu'elle comporte. Je suis entière. Je ne pourrais jamais travailler derrière un paravent. Mes clients sont des êtres humains qui vivent un moment difficile de leur vie. Normal que je me préoccupe d'eux. J'aurais sans doute seulement besoin de sentir qu'on me soutient dans ce travail et je pense que c'est là que le bât blesse présentement. On me demande des résultats mais on ne me donne rien. Et puis que sont les résultats en question justement ? Comment peut-on les mesurer ? Je suis une marchande d'espoir et d'humanité, rien d'autre. Je prête une oreille et une main sur l'épaule. Je les aide à rester ouverts à ce qui peut venir, à ne pas se refermer. Ça demande beaucoup d'énergie par les temps qui courent. Moi même j'aurais parfois envie de me refermer. Mais je manquerais le meilleur qui est toujours à venir.

Comment j'arrive à me détendre lorsque je suis enfin chez moi, que la lessive et la vaisselle sont terminés, les devoirs de Fredoux sagement rédigés et les comptes urgents payés, les courses faites et... (Je n'ose pas en rajouter) ?
Souvent le web. Parce que j'y vois autre chose. Parce que ça me permet de déconnecter de mon quotidien mais pas des humains, parce que ça me permet de choisir ma position selon mon humeur et mon énergie. Parfois je me sens sociable alors je prends des nouvelles de mes amis par écrit ou parfois en direct. D'autres fois j'ai juste envie de lire, pas d'intéragir. Alors je fais.
Je m'amuse aussi à apprendre à utiliser des outils. Oh, pas bien vite et souvent avec de l'aide, mais je prends un réel plaisir à réussir des petites choses qui étaient de complets mystères il y a peu de temps.
Parfois on me dit que je passe trop de temps devant mon ordinateur. C'est peut-être vrai mais je m'y sens bien. C'est le seul endroit où je décroche réellement à part mes promenades à bicyclette ou à pieds qui me manquent beaucoup ces temps-ci et certains autres moments que je n'ai nulle envie de détailler ici.

C'est mon quotidien à moi, il n'a rien d'extraordinaire, mais juste de l'écrire un peu, déjà je me sens mieux. Génial, non ?

Oh, et puis bienvenu au printemps :-)
# 91093637   L'insomniaque

16.3.03

( 10:36 )

Petits bonheurs

Dimanche matinÀ ranger quelque part pour les jours plus sombres.

Marcher entre mes deux fils au centre commercial. Ralentir le pas exprès pour les voir marcher devant moi. Leur offrir un truc sans qu'ils aient à le demander deux fois et lire le plaisir un peu surpris dans leurs yeux. Ce n'est que du matériel, je sais, mais ça fait du bien. Préparer le souper pour nous trois, cuisiner un truc qu'ils aiment, le faire avec amour. Les entendre discuter, les aider à s'écouter vraiment, à percevoir leurs univers respectifs, y arriver moyennement mais être fière d'avoir ouvert une brèche. Le visage de mon fils aîné qui m'aide à faire des réglages sur mon ordinateur et qui y arrive très bien, beaucoup mieux que moi. Me laisser aider par celui que j'ai porté. Aller dormir pendant qu'ils finissent de regarder des films d'horreur ensemble, comme des frères. Me réveiller et les voir endormis tous les deux au salon. Me pencher et ramasser quelques papiers et verres qu'ils n'ont pas rangés. Sourire et les trouver beaux quand ils dorment.

Et tout ça avec lui, quelque part, tout près, qui tient ma main, discrètement, et qui me donne envie d'être toujours plus vivante, de puiser mes forces en plein centre de ma douceur, de faire un pas de plus.

Je ne suis pas démunie, non, juste un peu décentrée à l'occasion, mais pas encore vaincue.
# 90805837   L'insomniaque