dernière lune
 

Insomnies chroniques

Dans le silence de la nuit les idées de l'insomniaque s'agitent... toujours...

sauter 

Pourquoi?

Et avant?

2.3.02

( 14:05 )

Les vents de mars...

Je suis pleine d'émotions. Les miennes et celles des autres.
Ce mois qui débute et celui qui s'achève me font tout drôle.
Comme si je me sentais dans un noeud d'énergies. Des commencements et des fins. Tout est si intense.

Et je suis là à essayer de trouver comment aborder l'entrée de ce jour qui est un jour très spécial pour l'insomniaque aussi...

Trois années aujourd'hui que je me livre régulièrement ici. J'allais écrire pour vous, mais c'est faux, enfin en partie. C'est pour moi en premier. Quelle aventure. Jamais je n'aurais pu imaginer il y a trois ans, que cet endroit allait prendre tant de sens dans ma vie.

Au départ j'avais juste besoin d'écrire. Et d'être lue. J'avais besoin de faire une trace quelque part. Exister.
Honnêtement je ne me souviens pas de toute mes pensées à cette époque. Mais je crois que je n'envisageais vraiment pas que les mots déposés ici deviendraient des ponts.
D'abord de tout petits ponts de corde, ceux qu'on tremble à l'idée de devoir franchir mais qui nous rassurent par leur présence" "Si j'ai vraiment envie, je peux"... Ensuite des ponts plus solides et une fois traversés à quelques reprises, des sentiers...

Je crois que ce que j'essaie de dire c'est que cet espace que je me suis créé pour exprimer est devenu peu à peu un lieu d'échanges.
C'est étrange d'écrire cela parce que tout de suite un peu de culpabilité fait surface(elle n'est jamais bien loin celle-là). Pourquoi....?

Au départ, en 1999, internet était encore identifié comme un refuge pour le mensonge et le factice(Cela a-t-il vraiment changé?). Je l'ai entendu tellement souvent....

(Moi) "...J'écris..."

(L'autre) "...Ah oui? C'est intéressant, tu écris quoi? Où?..."

(Moi) " Une page de réflexion (presque) quotidienne sur internet..."

(L'autre) "....(sourire)... Ah...."

Fin de l'échange.

Frustrant. Avant j'avais toujours écrit quelque chose, quelque part, mais j'avais été rarement lue... Et là, j'avais trouvé un lieu où on pouvait me lire mais seulement si on en avait envie... C'était parfait pour moi. Plus besoin d'embêter tout le monde avec "T'as envie de lire ce que j'ai écrit?"....

Et c'était (c'est toujours d'ailleurs), tellement renforçant de recevoir à l'occasion un petit mot plein de respect de l'un d'entre vous, qui me disait: "C'est beau"... Ou alors... "Je comprends"... Et parfois..."Tiens bon"... Ou encore... "Explique moi"...

Je me suis alors mise à tisser et à entretenir des liens. À échanger. À donner et à recevoir. Bref, c'est devenu une partie de mon univers. J'ai alors commencé à parler du virtuel et du terrestre (pas de la vraie vie...) parce que ça me heurtait trop lorsqu'on opposait les deux concepts en créant deux pôles, comme le bien et le mal, le vrai et le faux... Culture judéo-chrétienne, conception binaire...? J'ai toujours préféré les nuances, c'est plus doux et plus fertile.

Oh, je n'ai pas vécu que des expériences heureuses, comme dans la vie terrestre certaines personnes m'ont parfois déçue. C'est humain.
J'ai toujours été vraie dans la mesure de ma conscience (parfois on se trompe soi-même par ignorance mais ça fait partie de l'apprentissage). Ceux qui ne l'étaient pas se sont envolés d'eux-même, je n'ai jamais eu besoin de fuir.
L'authenticité attire la vérité, c'est mon principe de base.

Le plus enrichissant fut lorsque ma vie virtuelle a croisé ma vie terrestre. Oui, je suis de celles pour qui la complicité s'est quelquefois glissée d'abord par l'écran et le clavier.
C'est un peu étrange d'écrire ça.
Mais c'est ainsi.

Parce que ça m'a permis de connaître des personnes qui partageaient les mêmes valeurs que moi. Des gens que j'aimais de l'intérieur d'abord et que j'ai appris à apprécier de l'extérieur ensuite. Tout un pari mais quand on le risque, quel plaisir :-)

Bien sûr, certains sont restés dans le virtuel et c'est tout à fait convenable. Les échanges virtuels sont aussi très enrichissants et permettent une certaine liberté qui peut être très précieuse...

Ceci dit, je suis ici, 36 mois plus tard, à vous écrire encore, à vous partager des bribes de ma vie et de mes réflexions.
Toujours la même insomniaque, juste un peu grandie. Toujours pleine de doutes et de nuances... Mais ouverte et épanouie.
L'insomniaque qui chemine éternellement mais qui sait s'arrêter pour respirer les fleurs, sentir la chaleur du soleil sur son visage, rire et s'indigner un peu ;-)

Et je veux juste vous remercier d'avoir touché ma vie, chacun à votre façon.

On fait encore un bout ensemble?
Un pas à la fois.
Simplement.

lou heureuse

Heureuse
# 10305250   L'insomniaque

28.2.02

( 20:29 )

Donc...

Y'a un truc...

Je suis tombée sur l'entrée d'une diariste l'autre jour. je ne la citerai pas comme telle, parce que mon but n'est pas de la contredire personnellement, c'est somme toute assez commun comme remarque. Mais ses mots m'ont fait réagir et depuis ils tournent dans ma tête.
Je me suis d'abord dit que ça m'appartenait(c'est dans le style de la maison). Sauf qu'en y réfléchissant bien je ne suis pas sûre que ce soit rien qu'à moi.

Donc, pour vous résumer, cette jeune femme racontait une histoire triste qui est arrivée récemment à une de ses tantes. Un truc vraiment vraiment pas chouette.
Tout en lisant je me dis que c'est imprévisible la vie, qu'on ne sait jamais quel tournant nous attend. Parfois c'est beau, d'autre fois c'est tragiquement incompréhensible.
Puis, tout à coup, sur la fin de son récit, elle rajoute:
(dans mes mots) C'est vraiment épouvantable ce qui lui arrive, elle ne mérite pas ça. D'autant plus qu'elle est jolie...etc....
Brrrr....
Qu'est-ce que ça veut dire?
Ça aurait été moins tragique si la tante en question avait été...laide?...
J'imagine mal la jeune femme dire: Bon, c'est tragique et tout et tout, mais il faut dire que c'est moins pire parce qu'elle n'est pas très jolie...

Vivons nous dans un monde si superficiel?
Bad things should'nt happen to good looking people?

Je sais, je sais, ça ne reflète pas vraiment ce que nous pensons, c'est une explication hors contexte.

Vraiment?

Je ne suis pas frustrée (enfin, pas tant que ça)
Mais ça me questionne et m'énerve à la fois.

On dit (et on entend) des trucs comme ça continuellement, sans tiquer. On ne les entend même pas.

Voilà.
C'était mon truc.

PS: Si la diariste qui a écrit cette histoire se reconnaît, je lui offre tout mon respect pour cette situation tragique qui frappe sa tante. En aucune façon cette entrée ne se veut blessante. Ses mots en noir sur blanc n'ont servi que de départ à une réflexion beaucoup plus large.
# 10244566   L'insomniaque

( 20:08 )

Y'a des trucs...

qui m'énervent parfois...
Et je n'ose jamais les exprimer de peur de ne pas savoir les expliquer jusqu'au bout.
Qu'est-ce qu'on penserait de l'insomniaque?
Hum....

Alors j'ai décidé de faire une thématique qui reviendra de temps à autre.
Lorsque j'aurai envie d'exprimer une opinion que je trouve un peu délicate, je commencerai par

Y'a un truc...

Et donc là vous saurez que je marche sur ma glace intérieure et que je fais un effort de courage...

On essaie?
Ok.
# 10243895   L'insomniaque

( 20:01 )

Moi

Quelle façon égocentrique de débuter une entrée...
Mais bon, c'est mon terrain à moi ici.

Je trouve bien étrange d'écrire cela alors que je suis en plein questionnement sur ce moi justement.

Qu'est-ce que le moi, sinon une identité subjective, l'étiquette ressentie du dedans?
Et qu'arrive-t-il quand ce ressenti devient un kaleidoscope de sensations?

Est-ce grave docteur?

Non, non.
Juste un peu mêlée ce soir.
# 10243680   L'insomniaque

24.2.02

( 22:14 )

Demain est un autre jour

Et une autre ville.
Joliette.
Un très joli coin. Mais à une heure et demie de voiture de chez moi. J'y serai pratiquement tout le mois de mars.
Espérons que la température sera clémente et que j'arriverai à me lever assez tôt.

C'est moi qui aime se compliquer la vie comme ça?

Bon. Ça suffit les questions existentielles pour ce soir.

Très bon début de semaine,
# 10086908   L'insomniaque

( 22:07 )

La vraie question cependant...

C'est comment peut-on être si forte et si fragile à la fois?
Parce qu'au fond je me sens fragile comme une dentelle ou une porcelaine.
Forte dehors, fragile à l'intérieur, ou parfois le contraire.

Quand je ressens des émotions, que ce soient les miennes ou celles de quelqu'un d'autre, j'absorbe tout et je vibre.
Encore un trop.
Où es-tu équilibre?
Je crois que toi et moi aurions plaisir à faire connaissance.

Ou alors, assumer mes contrastes?
Pfffttt...!
Comment?

Je n'en sais vraiment rien.
# 10086717   L'insomniaque

( 21:57 )

Passionnée

J'arrive à croire que je le suis. Intense aussi.
Hmmm... Le vrai terme serait sans doute entière.
Lorsque je fais quelque chose je me donne à plein. Comme aujourd'hui en chat avec les diaristes et lecteurs qui travaillent sur le projet de webzine sur l'écriture intime en ligne. J'avais tellement envie que ça avance que je participais à 200%. Peut-être trop même. Je ne sais pas, j'ai du mal à évaluer. Ce que je sais c'est que lorsque j'ai débranché j'étais épuisée, j'avais presque la tête qui tournait. Et dire qu'il y en avait qui pouvaient suivre Et le chat ET le hockey olympique. Moi je n'aurais jamais pu.

J'ai aussi pris conscience que j'ai des convictions très fortes et que quand je crois en quelque chose je sais aller jusqu'au bout. C'est bon et moins bon à la fois.

Ça me rappelle pendant mon adolescence. J'aimais beaucoup certains sports d'équipe dont le ballon-balai. Un jour je faisais partie d'une équipe et lorsque j'ai sauté sur la glace, j'avais vraiment envie de jouer pour gagner. Je ne me souviens pas pourquoi particulièrement cette journée là mais, je voulais tellement compter que je balayais tout sur mon passage, même les autres filles. J'étais centrée sur le filet adverse. Après la partie on m'avait dit qu'on préférait que je m'abstienne la prochaine fois, j'étais trop forte physiquement, certaines avaient des ecchymoses pour le prouver. Et moi qui trouvais (merci l'avocat pour la leçon d'accord, je n'oublierai plus :-) que j'avais bien joué. Ensuite je n'osais plus, peur de faire mal.

Est-ce que j'ai blessé quelqu'un cet après-midi?
Ou alors bousculé?

Tu ne connais pas ta force, m'avait-on dit pas plus tard que l'été dernier. C'est peut-être vrai. mais une fois qu'on la connaît, on fait quoi avec?
Peut-on être trop, tout simplement? Rentrer sous la moquette ou rentrer dans tout le monde?

Encore une grande question que je dépose ici. Est-ce que ça arrête un jour?
# 10086362   L'insomniaque