Insomnies chroniquesDans le silence de la nuit les idées de l'insomniaque s'agitent... toujours... |
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1.3.03 ( 12:19 ) Ce que je veux et qui je suis![]() Trop longtemps, je me suis débattue pour me délester des réponses des autres, des vérités toutes faites qu'on a essayé de me servir, des habits qu'on a tant voulu me faire porter. La réalité c'est qu'à force de lutter contre toutes ces projections, j'ai perdu le fil de moi. Trop souvent égarée, j'ai oublié qu'il y a quelque part un chemin qui est mien, un portrait en positif, une essence qui m'appartient. Je suis fatiguée de cette conscience déboussolée qui ne sait plus lire la carte, qui n'a jamais su rien affirmer parce qu'on l'a tout de suite prise pour incompétente. Elle a fini par baisser les bras et interpréter le monde via des sensations et des élans: Je suis bien là dedans... Mais pourquoi ? Qu'est-ce qui me fait du bien ? En quoi cela correspond-il à ce que je suis ? Est-ce que Je le veux ? Et comment définis-je ce Je, justement ? Je ne veux plus ça... Mais qu'est-ce que ça ? Et ai-je le droit de ne pas le vouloir ? Parfois j'ai l'angoissante impression d'avoir pris le train de la vie en marche, que l'on m'a assigné une place et que depuis ce temps-là j'attends. J'attends parce qu'à chaque fois que j'ai osé mettre le doigt ou le bout de nez quelque part, on m'a dit que je n'avais pas le droit ni la capacité de le faire. Et moi, tout bêtement je me suis rassise. Pas si bêtement que ça finalement, plutôt par manque de confiance et par cette absence de conscience et d'amour de ce je. Oh, j'ai toujours fait comme si, j'ai fait celle qui savait, qui comprenait, qui décidait mais au fond... Il n'y avait pas de fond. je ne suis même pas certaine qu'il y en ait maintenant plus qu'avant. Je sais juste que cette position entre deux chaises est de plus en plus inconfortable, cette sensation de respirer par procuration est de moins en moins oxygénante. Mais c'est la seule que je connaisse. Mais que se passe-t-il donc ce matin ? Pourquoi ces propos amers et angoissés ? Qu'est-ce que je veux dire au juste ? Il y a, je crois, une combinaison de ma prise de conscience qu'on ne lâchera jamais ma main pour que je fasse mes premiers pas d'adulte si je ne tire pas un bon coup parce qu'on s'en fout que je ne grandisse jamais, on désire seulement que je ne nuise pas trop, et cette sensation d'être placée devant un carrefour important, d'avoir à choisir entre deux vies mais d'être figée sur la pas de la porte, paralysée par toutes ces questions sans réponses. Et là non plus on ne me tirera pas par la main, il n'y a que moi qui dois décider de sauter (ou pas) un bon coup et ensuite assumer toutes les conséquences (et les bienfaits possiblement). Il y a mon coeur qui se serre et ce tourbillon dans mon ventre, il y a cette idée que la vie est une responsabilité et non seulement un privilège. Il y a cette étourdissante conscience de la temporalité de l'existence, du moins dans la partie de l'existence que nous connaissons. Il y a aussi finalement cet ailleurs qui m'appelle et cette incompréhension logique de pourquoi on m'appelle. Est-ce que je me prépare à sauter dans le vide, à faire une erreur monumentale de laquelle je ne me relèverai jamais ? Est-ce qu'au contraire je vais rester encore une fois assise bien docilement à regarder ce chemin possible s'éloigner ? Il y a aussi ces histoires douces, ces films qui me font pleurer et rire, cette simplicité pleine de musiques et de vérités qu'on nous sert sur papier ou écran les vendredis soirs de fin d'hiver. Ces quelques instants qui font tout oublier du froid mais qui rendent la vie encore plus cruelle ensuite. Il y a moi qui ne sais plus ce que moi veut et encore plus ce que moi a le droit de vouloir parce que la question de base n'a jamais été résolue : qui est-elle ? Ça fait peur tout ça, n'est-ce pas ? Ça fait mal aussi, ça ronge l'intérieur. Et puis on continue. La vaisselle qui attend, les impôts, l'actualité et la météo, ceux que j'ai moi-même mis dans le train. La vraie vie, quoi, celle qui bouge toute seule et qui ne pose jamais de questions.
# 89959276 L'insomniaque
28.2.03 ( 07:20 ) Il y a des matins
Où l'on a la sensation de transporter la planète sur ses épaules. Et la planète résiste de surcroît. Est-ce la fin de l'hiver qui veut ça ?
# 89897089 L'insomniaque
27.2.03 ( 21:45 ) Creux de vague
Ce soir je me sens moche. Sans doute le ressac des événements de cette semaine. Sans doute.
Ce dont je me rends compte c'est que ça m'arrive chaque fois que je m'aperçois que j'ai été moins bonne, moins forte, moins performante ou moins douce que ce que l'on aurait attendu de moi. Mais qui est << on >> ? Je dois avouer que cette fois-ci il n'exclut pas la personne qui parle. C'est bien ça le triste constat. Quand est-ce que j'accepterai d'être juste ordinaire et humaine ? Ça ferait tellement de bien pour une fois.
# 89876416 L'insomniaque
26.2.03 ( 22:33 ) Aujourd'hui
Pour la première fois je me suis demandée sérieusement si je n'avais pas un peu changé. Il me semble que dernièrement je suis beaucoup plus volubile et assurée qu'avant. Mes idées bouillonnent et s'agitent comme elles l'ont toujours fait, ça ça n'a pas changé, c'est le fait de les exprimer plus facilement qui est nouveau. Curieusement, il m'arrive de me poser la question à savoir si je peux être épuisante (notamment en ce qui concerne certaines relations de travail) mais ce qui est étrange c'est que ces questions ne freinent pas ma spontanéité. C'est comme si les mots et les idées fusaient du centre de moi et que je les laissais couler. Parfois je trouve ça quand même un peu étourdissant mais cette absence de fausse retenue me fait plus de bien que de mal.
En relisant le début du paragraphe précédent je me rends compte que j'utilise le verbe : changer. C'est inexact. C'est plutôt le verbe épanouir qui conviendrait mieux, je crois. Le changement est dans mon comportement extérieur mais il est issu d'un épanouissement intérieur, voilà. L'insomniaque serait-elle donc moins introvertie dans la vie courante qu'elle ne l'avait toujours cru ? Possiblement. On verra bien.
# 89814733 L'insomniaque
( 21:06 ) Parfois furtivement![]() J'aperçois mes rêves au fond de vos yeux.
# 89810099 L'insomniaque
25.2.03 ( 20:43 ) Dégoûtée
Triste, fâchée, inquiète, trahie.
C'est ainsi que je me sens ce soir. Pour la troisième fois en 2 ans je me suis fait voler mon porte-feuille et pour la deuxième fois on l'a pris dans mon bureau, là où je travaille. Je sais, c'est seulement un porte-feuille. Un joli porte-feuille rouge. Il contenait juste quelques dollars, même pas dix. Mais il contenait aussi mon permis de conduire, mes cartes bancaires, une carte téléphonique neuve, des cartes professionnelles, un billet de Banco gagnant pour 1 euro, une carte de voeux plastifiée qu'une amie de trop loin m'avait envoyée pour me porter chance et qui m'accompagnait partout et plein de souvenirs. Bah, je l'aimais bien ce porte-feuille mais je m'en remettrai, il y en a bien un autre quelque part pour moi. Mais ce qui me fait le plus mal, franchement, c'est l'idée que c'est probablement un de mes clients qui l'a pris. C'est la deuxième fois et je ne sais pas si je pourrai à nouveau accorder ma confiance, travailler sans méfiance. Je me demande tout de même comment je vais faire pour les affronter en souriant demain matin. Je me le demande vraiment.
# 89747046 L'insomniaque
24.2.03 ( 22:03 ) Absurde
Cette après-midi au boulot, je suis affairée avec un client et on me sonne dans mon bureau:
La réceptionniste: C'est pour toi l'insomniaque, c'est Dr machin-truc, tu le prends ? Hum... Un docteur ? Le nom m'est vaguement familier mais ne me dit rien clairement. Bon, je demande à mon client d'attendre un moment et je prends l'appel : Lui: Oui Madame l'insomniaque, c'est le Dr Machin-truc, le dentiste qui a son bureau au coin des rues X et Y. (Et là, croyez-moi, ce n'est pas l'envie qui me manque de vous donner son adresse). Moi: Hum, oui, je sais qui vous êtes... (Et comment que je savais ! L'automne dernier j'étais sortie de son cabinet en furie parce qu'il s'était mis à me causer de son refus d'accepter les paiements différés de mon assurance dentaire pendant qu'il avait les mains dans ma bouche et que j'avais la mâchoire engourdie par l'anesthésie locale, alors qu'à la visite précédente son assistante m'avait assurée du contraire. En clair il m'avait dit que je devais payer ma réparation sur le champ et me faire rembourser par la suite par mon assureur et plus j'essayais de discuter, plus il enfonçait ses mains dans ma bouche et plus ses instruments vrombissaient en limant, creusant et polissant... ) Lui: Et bien je vous appelle parce que selon votre dossier vous auriez besoin d'un nettoyage. (Quoi ? Pourtant j'avais annulé mon rendez-vous prévu en février sur le champ à la suite de son flagrant manque d'éthique et j'avais déchiré la petite carte qui devait servir à me rappeller le dit-rendez-vous devant ses yeux) Moi: Ah oui ? Cherchant à comprendre la raison de son appel. (Il ne va pas s'excuser quand même) Lui: Désirez-vous que je vous planifie un rendez-vous ? Moi: (assez brusquement) Non, il n'en est pas question. Lui: Ah non ? Moi: Non, je n'avais pas été satisfaite la dernière fois. Lui: Ah non ? Vous avez un autre dentiste maintenant ? Moi: Non, pas encore mais je vais certainement trouver. Lui: Ah bon d'accord. Au revoir Madame l'insomniaque. *Clic* Qu'est-ce qui cloche dans ce portrait vous pensez ? D'abord s'il m'a ainsi téléphoné, c'est fort probablement parce qu'il avait mes coordonnées quelque part dans ses dossiers et qu'il ne se rappelait nullement de moi(Il doit être bien en mal de patients le pauvre homme). Soit. Mais alors, quand je lui ai annoncé de but en blanc que je n'avais pas été satisfaite de ses services, n'aurait-il pas dû me demander pourquoi ? Et s'il savait qui j'étais (La patiente qui était sortie en claquant la porte l'automne dernier), comment osait-il me rappeler tout bonnement comme si de rien n'était en ne faisant aucune allusion à l'incident pré-cité ? Ça n'a aucun sens. Mais bon, il y a peut-être quelque chose que je n'ai pas saisi.
# 89685470 L'insomniaque
( 19:47 ) Ce grand vide à l'intérieur![]()
# 89677799 L'insomniaque
23.2.03 ( 14:13 ) Dimanche c'est jour de plaisir
Et eux, ils m'ont fait sourire :-)
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# 89608899 L'insomniaque
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