Insomnies chroniquesDans le silence de la nuit les idées de l'insomniaque s'agitent...toujours... |
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26.10.02 ( 12:59 ) Ne s'applique pas suffisamment...
C'est la mention qui a été laissée sur mon bulletin par 5 professeurs sur 9 qui m'ont enseigné en secondaire 2 quand j'avais 13 ans. Et qu'est-ce que ça vient faire ici ? Je ne suis pas trop sure.
Il y a maintenant quelques mois, ma mère m'a fait parvenir une enveloppe qui contenait quelques souvenirs. Je crois qu'elle était tombée dessus en faisant le ménage dans les choses personnelles de mon père. Il était comme ça, il gardait plein de trucs un peu pêle-mêle. Je sais de qui je retiens... Parmi ces quelques papiers et photos, il y avait des lettres que j'avais écrites à mon père lorsque j'avais 10 ou 11 ans. J'étais alors pensionnaire et il m'arrivait parfois, durant les longues et ennuyantes périodes d'études, d'avoir envie de lui parler. Pourquoi mon père ? I was Daddy's girl. Il n'y a pas vraiment de raison à ça, je me souviens que j'avais à cette époque, très souvent envie de lui parler. Je me rappelle un retour en voiture, le soir, à peu près à cette époque. Pour une des rares fois, j'étais seule avec lui. Nous roulions sur la petite route campagnarde qui menait chez moi, je crois que je revenais du pensionnat pour le week-end. J'étais assise à l'avant et je me sentais bien, comme si nous étions seuls au monde. J'avais envie de ne jamais arriver. Je me rappelle de son beau costume, celui qu'il portait pour aller travailler. Je me souviens aussi de son odeur et de la musique qui jouait à la radio. Ce soir là, un peu ennivrée par ce moment privilégié, je lui avais posé la question qui me brûlait les lèvres. C'est quoi l'amour ?. Question idiote et naïve, mais il me semblait vraiment que seul lui pouvait me répondre. Je ne me souviens plus trop bien de ce qu'il m'a répondu mais je me rappelle très bien de sa surprise et de son malaise. De se faire poser une question si profonde par une petite fille de 10 ans au visage tellement grave. Ce qui remonte de cet instant c'est que j'avais juste envie de savoir ce qu'il pensait et ressentait vraiment au fond de lui. Pour une fois que je l'avais juste à moi, j'allais en profiter. J'ai sans doute été un peu maladroite. Mais les lettres que je lui écrivais témoignaient de cet esprit, de ce besoin de savoir qui il était et de lui dire qui j'étais. Je ne sais pas si j'ai bien réussi mais ce furent mes tentatives les plus directes. Ensuite j'ai grandi. De retrouver ces lettres et mon bulletin mitigé (pourtant avec des notes plutôt élevées) dans la même enveloppe, constitue pour moi une piste. Qu'y a-t-il de commun entre la fillette maladroite et intense qui voulait tellement communiquer et cette adolescente qui ne s'appliquait pas ? D'abord, c'est quoi exactement s'appliquer ? Aller à fond dans le sens qu'on attend de nous ? Finalement je n'ai jamais su faire ça. Je ne le sais pas plus aujourd'hui. Et j'ai toujours tellement besoin qu'on m'écoute. C'est quoi ce besoin ? Et comment on fait pour s'appliquer ?
# 83558961 L'insomniaque
25.10.02 ( 23:34 ) Dans l'autobus
Une petite fille qui regardait par la fenêtre, elle semblait absorbée par ce qui défilait. Quelquefois elle était très sérieuse, à d'autres moments elle souriait. Dans ses mains, elle tenait une paire de gants roses et un bonnet. Par moments, elle baissait la tête et les regardait attentivement, l'air de les trouver très jolis. Ils l'étaient. C'était un ensemble parfait pour une petite fille heureuse. J'aurais voulu savoir à quoi elle pensait.
# 83538662 L'insomniaque
( 23:28 ) Plein de pensées
Qui tournent dans ma tête ce soir. Et Blogger qui me fait encore des misères. Je sais que je devrais aller me coucher mais j'ai pas envie de réfléchir dans le noir et je sens que c'est cela qui va arriver. Je suis certaine que quelque part en moi il y a quelque chose de beau et de doux, j'aimerais juste arriver à le toucher ou même simplement le sentir. J'ai toujours été celle qui continuait, qui espérait, qui croyait... Qu'est-ce qui m'arrive ? C'est la Sibérie tout à coup. Et pourtant je crois [je veux croire] que je traverse quelque chose d'important, qu'il y a un autre côté, une rive que j'atteindrai. Si j'arrive à tenir. Il le faut. Je le veux.
# 83538388 L'insomniaque
( 23:15 ) Je me demande
Pourquoi ce qui fait du bien est mal...
En fait, c'est peut-être pas que c'est mal, c'est possiblement moi qui suis compliquée. Je ne sais plus mais je saurai sans doute bientôt. Sans doute. Marre de porter le monde sur mes épaules. Besoin de me poser.
# 83537913 L'insomniaque
24.10.02 ( 21:07 ) Du temps où je dormais...
Aujourd'hui j'avais encore le moral très très gris. Pourtant hier ça allait plutôt bien. Je me questionne donc sur ces vagues que je vis, de plus en plus marquées, c'est à me demander si ce n'est pas une question d'hormones et de changement de cycle. Quoi qu'il en soit, ça me fait un peu peur et je me questionne sérieusement pour trouver ce qui a changé à ce point pour que je me sente ainsi. Ce qui est clair c'est que je ressens un grand vide en ce moment. Jour après jour, il me semble que j'avance parce qu'il le faut, que je mets les pieds un devant l'autre dans des traces qui ne sont pas les miennes. Périodiquement je me raisonne, je me dis que je traverse une année de transition, que tout a trop changé autour de moi, que c'est normal que je ne reconnaisse plus rien... Mais ce qui m'effraie c'est que je ne ressens pas l'élan pour m'insérer dans ce nouvel environnement. Les gens et les lieux me semblent drabes, sans intérêt, à la limite froids... Il me semble bien faire l'effort, à tout le moins comme je l'ai toujours fait, mais cette fois-ci on dirait bien que ça ne colle pas.
J'essaie d'analyser ma vie sur ses différentes périodes, je me demande si j'ai déjà vécu une telle absence. Bien sûr il m'est arrivé d'avoir des moments plus ou moins longs de difficultés mais chaque fois, je remontais la pente quand je trouvais des solutions. En ce moment, j'ai l'impression que les difficultés que je vis découlent de mon état d'esprit et non l'inverse. En fait, je pense que durant la majeure partie de ma vie je dormais, ou alors je somnolais. Je veux dire que je ne faisais que suivre mollement la direction qu'on m'indiquait. Quand il m'arrivait de m'égarer un peu, je revenais vite vers le centre où tout était bien éclairé. Un jour, il y a quelques années, en 1999 pour être plus précise, ma quiétude a été troublée. Oh, j'ai bien pris quelques risques, on n'est pas venu me chercher sur l'oreiller, mais cette fois-là, je n'ai pas su me rendormir. Je me suis mise à ressentir des envies et des manques, des joies et des peines, des colères et des affections. Je me suis surprise à aimer profondément la vie et à avoir furieusement envie d'y mordre. J'ai pris quelques risques supplémentaires, je suis sortie des sentiers battus, me suis éloignée de mes lieux communs. Le problème c'est que je n'ai pas l'impression d'avoir les armes et les outils nécessaires pour affronter la vraie vie. Il m'arrive d'avoir terriblement peur et d'être tentée de retourner me réfugier dans mon ancien cocon mais je ne le peux plus. Impossible de revenir sur mes pas maintenant que j'ai pris conscience de certaines choses en moi et autour... Je veux vivre, je le veux très fort, je ne sais juste pas comment. Je m'en veux un peu aussi d'avoir compris si tard et j'ai peur de ne plus jamais trouver de place. Voilà comment je me sens. Et si on me demande comment je vais, je répondrai que je vais bien.
# 83488246 L'insomniaque
21.10.02 ( 21:04 ) Six ans
Plus ou moins quelques poussières. C'était l'été, une journée un peu grise, je me souviens. Ils avaient allumé le Hibachi, ça devait être une fête. Je ne sais pas ce qui n'allait pas, sans doute un peu d'électricité dans l'air, allez essayer de comprendre les grands parfois. L'étincelle est partie et le pique-nique est devenu la guerre. Ça n'était pas inhabituel sauf que cette fois-là... Je ne sais pas pourquoi, cette fois-là, le ton est monté et nous on tripotait nos hamburgers froids. Pas envie de manger, juste envie que ça cesse. L'un des deux a saisi un ustensile, je crois bien que c'était un couteau. Ils sont entrés dans la maison, nous on pleurait derrière, mais on n'existait plus. Il s'est réfugié dans la salle de bain, elle a frappé, la porte s'est défoncée. J'ai pris mes jambes à mon cou. Je ne savais pas où aller, j'aurais voulu que quelqu'un m'aide mais à qui peut-on dire ces choses-là ? À personne. Juste attendre que ça passe. Je me suis cachée derrière le camion du voisin pour pleurer. J'ai eu peur parce que les sanglots ne voulaient plus s'arrêter. Et si on m'entendait ? Non, ça n'était pas envisageable, tout sauf ça. Je suis restée longtemps, coincée entre la roue et le pare-choc avant. Heureusement j'étais petite et je savais depuis longtemps pleurer par en dedans.
Quand je suis rentrée, bien plus tard, ils regardaient la télé. Encore. Je me suis demandé si j'avais tout imaginé. La porte de la salle de bain était trouée, elle l'est restée pendant plusieurs mois, un trou gros comme un poing, bourré de papiers pour l'intimité. Ce soir là j'ai commencé à avoir peur. Et je me suis promise que jamais mes enfants ne vivraient ça. Pourquoi je vous raconte ça ? Parce qu'il y a des noeuds qui finissent par nous étouffer.
# 83326000 L'insomniaque
( 20:39 ) C'est vrai, il a neigé
Mais si peu. Juste un peu de blancheur froide sur les toits ce matin. Un rappel pour nous dire que l'hiver est à nos portes, encore une fois. Est-ce que je manque d'émerveillement ? Ou de courage... ?
# 83324905 L'insomniaque
20.10.02 ( 22:47 ) Mon fils
A des épaules assez fortes pour que j'y appuie ma tête en cas de besoin. Et quelques poils au menton que je n'ose pas encore appeler barbe... Il le faudra bien pourtant. Et moi qui n'arrive pas à grandir.
# 83276985 L'insomniaque
( 22:45 ) Et puis son rire
Fatigué, je sais, mais j'en avais besoin. Est-ce que je vais grandir un jour ? Je ne sais pas.
# 83276845 L'insomniaque
( 22:42 ) Seulement une boîte
Elle traînait dans un coin, je cherchais quelque chose. Normalement je sais l'éviter. Mais aujourd'hui je n'ai pas réfléchi, je voulais simplement trouver ce que je cherchais. J'étais distraite, je l'ai ouverte, et ça m'est remonté dans la gorge. Il faut peut-être jeter cette boîte, la brûler, l'oublier. J'en suis incapable, je ne suis pas prête. J'ai encore des torrents de colère et de peine qui bouillonnent à l'intérieur. Maudite boîte.
# 83276716 L'insomniaque
( 22:37 ) Y'a des soirs comme ça
Où je ne sais plus trop. J'aimerais m'endormir doucement et rêver. Juste rêver. On m'a souvent dit que j'étais rêveuse. C'est peut-être une qualité. C'est aussi fort utile à l'occasion. Comme ce soir.
# 83276456 L'insomniaque
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