Insomnies chroniquesDans le silence de la nuit les idées de l'insomniaque s'agitent...toujours... |
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1.2.03 ( 16:28 ) Toujours quelque chose à faire
Jamais le temps de buller tranquile. Voilà comment je me sens depuis quelques jours. Il y a bien sûr le boulot qui est bien intense et les journées/semaines qui filent trop vite. Mais il y a aussi mon temps à moi dont je n'arrive pas à jouir doucement. Trop de choses qui bougent à l'extérieur et, soyons franche, un manque de détermination de ma part. J'ai du mal à me concentrer. Comme maintenant par exemple : je voulais écrire cette entrée et tout à coup autre chose commande mon attention. Tant pis, j'y reviendrai.
# 88392117 L'insomniaque
30.1.03 ( 19:55 ) Il y a quatre ans aujourd'hui
J'arrêtais de fumer comme une grande. J'étais super motivée. J'ai tenu 13 mois. Mais cette expérience m'a appris quelque chose d'important à mon sujet : bien motivée et préparée, je le peux :-)
Ça n'a l'air de rien comme ça mais c'est une des choses les plus difficiles que j'ai réussi à faire dans toute ma vie. Je sais, il n'y a que les fumeurs et certains ex-fumeurs pour comprendre la portée de ce que je viens d'écrire. L'erreur que j'ai commise par la suite fut de croire que j'avais vaincu cette funeste habitude, que j'étais forte et surtout guérie. Il n'y avait rien de plus faux. Lorsque j'ai recommencé à fumer, la première cigarette (enfin, la deuxième peut-être) s'est prise aussi naturellement que si je n'avais jamais arrêté. C'est dire combien j'étais guérie... Je sais, je vous ai souvent rabaché les oreilles (euh, je devrais écrire les yeux mais je n'arrive pas à imaginer que l'on puisse rabacher des yeux...) avec l'idée d'arrêter à nouveau mais c'est un projet très important à mes yeux. Plus que ça même. En avril dernier (et au long de l'année qui a précédé), j'ai vu de très près ce que cette addiction pouvait causer. Et les ravages touchent non seulement la personne concernée mais tous ceux qui l'aiment un peu ou beaucoup. Pourtant nous sommes rendus en janvier 2003 et je fume toujours. Je suis loin d'être inconsciente mais je me demande si je n'essaie pas de me croire trop puissante. Genre: "À moi ça n'arrivera pas". Je sais que ça peut m'arriver et que ça ne touchera pas que moi en plus. Alors qu'est-ce que j'attends ? Suis-je idiote ou quoi ? Non. Je suis humaine et bien accrochée. Je suis en cheminement par contre. J'ai lu quelque part (mais où ?) que l'arrêt de la cigarette pouvait prendre en tout et partout (pour un vrai fumeur) entre 5 et 10 ans. J'avais souri. Pas à moi. Je suis plus forte que ça. Je commence à y croire à présent. Je voudrais choisir une date symbolique et m'y préparer mentalement et physiquement. Je voudrais arrêter pour de bon. En sachant cette fois-ci qu'il n'y a pas de guérison définitive, juste une lutte qui dure des années et des années mais qui devient un peu plus facile avec le temps. Et lorsque j'en serai là, je redoublerai de vigilance. Parce que j'aime la vie et ceux qui m'entourent. J'en suis là. Je ne sais pas quelle date choisir mais je réfléchis. J'avais pensé au 14 février pour le symbolisme de l'amour mais je trouve aussi que cette date est empreinte de guimauve (et de chocolat) alors le 15 peut-être ? Je ne sais pas. Des suggestions ? Vous aimeriez que les Insomnies Chroniques deviennent un espace sans fumée ? Et que l'insomniaque vous écrive avec les idées encore plus claires ? Quoi ? Vous vous en foutez ? Pas moi.
# 88298255 L'insomniaque
( 19:24 ) Bon d'accord j'ai eu tout faux...
Elle n'a jamais voulu fermer son coffre, au contraire, elle veut y plonger encore mieux en éliminant tout ce qui dépasse, tout ce qui l'en éloigne. Pardon Marylène, j'avais mal lu. J'en suis fort heureuse d'ailleurs :-)
Et puis Manu a eu un petit sursaut d'énergie aujourd'hui. Sans doute pour me contredire...;-) Mais dans certaines conditions j'aime bien avoir tort. Reste à découvrir si elle en aura souvent de tels sursauts. Je suis prête à les subir tous, avec le sourire. Et puis moi je me sens beaucoup mieux du coup. Hier soir j'étais tellement fatiguée que je voyais tout en gris. Je me suis couchée tôt et aujourd'hui mes idées se sont remises en place. Même que je dirais que je bouillonnais sur place toute la journée. J'avais plein de projets et d'idées. Ça veut dire que je ne dois pas me fier à mon humeur du moment mais plutôt attendre pour voir si ça va passer... Mais ça, vous saviez déjà, vous, n'est-ce pas ?
# 88296765 L'insomniaque
29.1.03 ( 21:01 ) Rattrapée
Par le contrecoup de ce retour de vacances. Il y a quelques jours, j'étais heureuse et là maintenant un rien m'attriste. Je sais, c'est ridicule, ce sont des détails malheureux qui ne devraient pas m'affecter. Mais je n'y peux rien, c'est comme ça.
En ce moment j'aurais envie de me rouler en boule sous une immense couette et de pas en ressortir avant le printemps. Ou l'été. Et puis bien sûr je ne suis pas seule à me sentir un peu à côté de mes souliers. Il y a elle qui ferme son coffre. Pour combien de temps ? On ne sait pas. On sait seulement qu'on ne pourra pas venir y fouiller pendant quelques temps. Il y a aussi elle qui n'a plus envie de nous raconter ses petites histoires pour un petit moment. Le creux de l'hiver est gris. Prenons soin de nous les filles.
# 88241350 L'insomniaque
26.1.03 ( 09:52 ) Vivante
Voilà comment je me sens en ce dimanche matin. C'est difficile à expliquer mais la vie m'enthousiasme de plus en plus. Je disais cette semaine à des collègues qui m'écoutaient poliment que si j'avais su aimer la vie à 20 ans comme je l'aime aujourd'hui... Je n'ose même pas penser à ce que j'aurais fait des vingt dernières années....
C'est tout bête mais c'est comme ça. Je ne pleure pas sur les années manquées, oh non, pas le temps et c'est inutile. Mais je réalise que les jours, semaines, mois, années qui viennent m'appartiennent pleinement. Juste d'écrire cela me fait sourire. Parfois j'écoute les gens autour parler de leur vie et ce qui me frappe ce sont les barrières et les cadres qu'ils s'imposent volontairement. Je ne les juge pas, je fais pareil. Mais je viens d'en devenir consciente, c'est déjà le premier pas. Ce qui me dérange le plus c'est d'entendre des gens de 25 ou 30 ans parler de leur vie avec si peu de passion. Comme si devant eux s'étendait un long couloir bordé de portes fermées et que la vie consistait pour eux à y avancer sans rien cogner et surtout sans essayer de voir ce qui se trouve derrière ces portes. J'y étais, il n'y a pas si longtemps, dans ce couloir. Et un jour j'ai ouvert une porte puis une autre. Oh, bien maladroitement, je le concède, mais j'ai risqué. Au début je ne savais pas trop comment interpréter ce que je découvrais. Je le qualifiais donc d'écart, d'erreur, d'échec à marcher droit. Puis j'ai décidé de le regarder autrement, comme ça, juste parce que je suis orgueilleuse et que je n'aime pas me voir comme une brebis égarée. Ensuite j'ai compris que toutes ces portes représentaient tout simplement d'autres chemins possibles. Pas nécessairement mieux que la ligne droite, avec beaucoup plus de risques, mais des chemins potentiels. Pour les années qui viennent devant moi, j'ai envie d'avoir envie, tout simplement. Je veux que, comme maintenant, j'aie le goût de me lever chaque matin, pas seulement le devoir. Le devoir fait partie de la vie mais il ne doit jamais en être le seul moteur. Le devoir est le moteur des robots, je refuse d'en être un. Ça doit vous faire bien sourire de lire de tels propos. Mais elle débloque l'insomniaque... Qu'est-ce qu'elle peut bien avoir mis dans son café ce matin ? Moi-même ça me fait tout drôle de les écrire. Mais je ne les renie pas. Quelque chose a finalement bougé en moi, quelque chose d'important, et je ne vais pas faire comme si je ne le ressentais pas. Le jour où ma vie terrestre s'éteindra (après on ne sait pas trop bien), je veux avoir la sensation d'avoir vécu, pas juste existé. Je ne veux pas sentir que j'aurais pu ou que j'aurais dû. Ça ne me dérange pas d'avoir quelques blessures, éraflures ou ecchymoses au coeur en autant que ces dernières m'aient permis d'apprendre et d'avancer. Voilà. Qu'on ne s'inquiète surtout pas, je ne vais pas causer une révolution, je vais juste continuer à risquer d'ouvrir des portes. La terre ne va pas trembler puisqu'on sait bien, vous et moi, que la vraie révolution est d"abord intérieure, le reste ne change pas, il n'y a que soi qui se transforme et ça fait du bien même si ça fait parfois un peu peur. C'est un dimanche matin de janvier, il neige doucement sur Montréal et l'insomniaque est vivante jusqu'au bout des doigts :-)
# 88047597 L'insomniaque
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