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En marge;

Clichés instants de mes états d'esprit*

En ce moment j'écoute: Le cd de relaxation avec des bruits de nature que Fred éoute pour s'endormir(c'est petit un bunker ;-)

Comment je me sens? : Fière de ma journée au boulot

Précision: Demain je débute les vacances:))))

Ce dont j'aurais très envie en ce moment: De chanter :-) Mais je vais vous épargner ça ;-)

Ce qui me rend si joyeuse? En plus de mes réflexions du soir, je constate que la vie est merveilleusement tordue... Et c'est tant mieux :-)

* Vous n'avez qu'à glisser doucement la souris sur les icones pour les découvrir.


Mercredi le 11 avril 2001,

Sourire,

voilà ce que j'ai de suspendu aux lèvres ce soir. Pourtant rien de grandiose, juste une série de petits bonheurs qui se sont abattus sur moi aujourd'hui, un après l'autre, comme une averse de printemps qui nettoie tout et annonce le vert.

Bizarre de comparer le bonheur à la pluie (surtout pour les lecteurs français qui en reçoivent, semble-t-il, plus que leur part ces derniers temps) mais pour moi la pluie printannière a des fonctions de nettoyage, comme si elle apportait avec elle les restes de l'hiver pour laisser place à la nouvelle saison. Et c'est ainsi que je me sens ce soir. Pourquoi?

Pour diverses raisons: D'abord parce que je sens la chaleur arriver peu à peu. La lumière, chaque jour un peu plus frondeuse, me donne envie de vivre et de respirer, parfois même de chanter.

Ensuite deux coups de teléphone que j'ai reçus ce soir. Le premier, juste en rentrant du boulot, de ma proprio sympa. Elle voulait m'annoncer qu'elle n'aura pas besoin du bunker en juillet et que je peux, si je désire, l'occuper jusqu'au 1er octobre. D'accord, ce n'est qu'un sursis mais j'aime tellement cet endroit que la perspective d'y vivre ne serait-ce que trois mois de plus me fait très plaisir. Également parce que ça me permettra d'envisager ma recherche de logement beaucoup plus sereinement (J'avoue que je commençais à m'énerver un peu). De plus, j'ai le privilège de pouvoir quitter mon logement actuel à n'importe quel moment, c'est donc dire que c'est un avantage qui me rend encore plus souple dans ma recherche. Libre immédiatement? Oui, pas de problème. Impossible d'occuper mon nouvel appart avant septembre? Pas de problème non plus. Ne sont-ils pas chouettes mes proprios? J'ai vraiment de la chance de les avoir trouvés. Et tout ça grâce à l'amitié d'un lecteur de l'insomniaque. Merci.

Deuxième coup de fil: L'ami d'un ami devenu un ami. Uniquement pour s'enquérir des résultats de ma recherche de logement et pour m'informer qu'il n'avait pas eu de succès non plus en arpentant les rues de son quartier pour me filer des pistes. Nous avons discuté un moment de la situation du logement à Montréal (cet ami oeuvre dans ce domaine professionnel) et pour me suggérer des façons de chercher, me proposer de nouvelles avenues.

Ça m'a touchée parce que cet ami d'un ami n'a absolument aucune raison de s'intéresser à ma situation (il est même très heureux en couple si vous vous posez la question) mais il l'a fait par intérêt humain, simplement. Du coup je me suis sentie moins seule dans cette quête froide d'un toit pour mon Fredoux, mon Pichou et moi (pas possessive l'insomniaque ;-)

Tout ça ne résoud pas le problème mais le rend plus supportable.

Finalement le monde est beau quand on sait le regarder, quand on choisit son angle.

Dans un tout autre ordre d'idée, j'ai été touchée ce soir par la chronique de l'Idéaliste. Il parle de son corps et de son rapport avec lui. Moi j'en avait parlé un peu déjà dans une entrée de la fin de l'année dernière, ça m'interpelle beaucoup, sans doute pas pour les mêmes raisons que l'Idéaliste.

Depuis que je suis toute petite mon corps a été pour moi un ennemi à abattre. Il me fallait à tout prix le réduire, le faire entrer dans un moule prédéterminé. Et je n'y arrivais pas. Combien de larmes j'ai tour à tour versées ou étouffées de ne pas être ce qu'on attendait de moi, de ne pas arriver à atteindre le modèle.

Àcertains moments j'aurais juste voulu être invisible mais mon corps a refusé. J'ai aussi eu des périodes de révolte, où je tentais juste de ne plus penser à ce corps, à ne plus le sentir, et à narguer tout ceux qui m'entouraient de désapprobation en le laissant aller à la dérive. J'en suis même arrivée à ne plus me reconnaître, à me dissocier totalement de celle qui apparaissait dans la glace.

Un jour il y a eu une trève, je ne sais plus au juste à quel moment mais j'ai compris que mon corps, avant d'être une image et un instrument d'intégration ou de rejet social, était un véhicule dans lequel je traversais la vie. Je pouvais choisir l'état d'esprit de mon voyage.

À partir de ce moment, mon corps est devenu une source de liberté et de plaisir. Lentement, comme quand on apprend à marcher, j'ai appris à vivre et à respirer dans mon corps. J'ai senti tout ce qu'il m'apportait, j'ai eu envie de le dorlotter. Pour moi, pas pour les autres.

J'ai aussi appris à le regarder. Tel quel, pas déformé par une fausse lorgnette. J'ai appris à le décrire par ce qu'il est et non plus par ce qui lui manque(ou ce qui dépasse). J'ai appris à le faire bouger pour mieux le ressentir. J'ai commencé à faire la paix avec lui. Les traités ne sont pas encore tous signés mais les négociations se passent sous le signe de la bonne fois et de l'ouverture. C'est déjà beaucoup.

Chose certaine, je ne veux plus me cacher derrière lui, ni le cacher derrière moi. Nous sommes ensemble et il n'y a rien à jeter. Bien sûr l'insomniaque a des rondeurs, comme la lune qui l'accompagne mais elle a aussi des angles, des droites et des courbes. Elle a porté la vie, son corps en témoigne, mais elle a aussi vécu des deuils et de grands plaisirs. C'est aussi gravé dans son corps. Elle a des jambes solides, des pieds qui savent marcher, un sourire qui accroche le soleil et de grandes mains très douces. Lorsqu'elle regarde une glace elle voit une femme qui a envie de mordre dans la vie et qui le fait. Ses quarante ans qui arrivent, ont bien creusé de petites rides au coin de ses yeux mais c'est ce qui arrive quand on ose regarder vers la lumière. Je ne regrette rien, sinon de ne pas avoir compris tout ça à 20 ans. Mais l'aurais-je savouré autant? Aucune idée, maintenant je regarde devant. Merci l'Idéaliste de m'avoir fait réfléchir ce soir.

 

À très bientôt,


L'insomniaque :)

 

il y a un an le 12 /04/00

Il y a deux ans le 11/04/99


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