Mercredi le 12
avril 2000, Chaud, comme le thé que je viens de me préparer et que je bois, doucement, à petites gorgées. Chaud comme la laine au mois de janvier, celle que l'on dépose sur ses épaules pour lire confortablement, bien blottie dans son fauteuil préféré. Celle aussi que l'on tient dans ses mains pour la transformer, lui donner une nouvelle forme. Chaud comme l'amitié qui dure longtemps, chaud comme le soleil en juillet, les yeux fermés à l'absorber de toute sa peau. Chaud comme mon visage devant un feu qui crépite, chaud comme mon coeur au son de tes mots qui me bercent. Chaud. Comme la vie qui palpite au fond de moi,comme le front brûlant d'un enfant malade. Comme la vérité qu'on a longtemps cherchée et de laquelle on s'approche. Comme un plat qui mijote et qui répand sa délicieuse odeur. Chaud. Tel l'enfant abandonné sur mon épaule fatiguée, telle la peur d'être arrivée, encore une fois trop près du gouffre. Tels mes muscles endoloris, tout de suite après un long périple. Chaud. Comme mon sang qui passe trop vite quand la colère me soulève. Comme l'eau parfumée de mon bain quand le temps n'existe plus, comme ta place à mes côtés quand l'aube vient de t'arracher. Chaud. À très bientôt, L'insomniaque :)
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