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En marge;

Clichés instants de mes états d'esprit*

En ce moment j'écoute: Thank You, de Dido. J'aime beaucoup le son et le fond...

Constatation du week-end: J'ai peur de changer.

Précision: C'est déjà quelque chose de constater ça, non?

Ce dont j'aurais très envie en ce moment: Rire.

Résultats des recherches pour un logement jusqu'à maintenant: Envie de rester ici.

* Vous n'avez qu'à glisser doucement la souris sur les icones pour les découvrir.


Samedi le 26 mai 2001,

Je suis grande,

mais je le laisse peu savoir ici. J'ai plus de facilité à exposer tous mes émerveillements et mes peurs de petite fille. Pourquoi? Je n'en sais trop rien. Peut-être parce que cet endroit est le lieu de prédilection de la petite insomniaque et que je la laisse volontiers s'épivarder alors qu'ailleurs je la retiens. Peut-être aussi que j'ai envie qu'on entende cette petite fille, qu'on la sente... Peut-être que j'ai peur que la grande ne plaise pas....

C'est une réflexion à poursuivre mais ce soir c'est la grande que j'ai envie de laisser parler. Celle qui prend seulement la place qu'on veut bien lui octroyer dans l'échiquier pour ne pas tout déranger. Celle qui est en colère mais qui n'en souffle pas mot parce que de toute façon ça ne sert à rien et ça va embêter tout le monde.

Ces jours-ci elle a été mise à contribution et ce plus qu'à son tour. Ce soir elle a fait la vaisselle pour sa maman après un repas copieux où on ne s'était rien dit. Elle n'a pas soufflé mot quand son frère a refusé avec juste un soupçon d'indifférence, d'aller visiter son bunker et prendre un café. Elle s'est exclamée poliment devant la beauté de son neveu et de ses nièces glacée sur photo, alors qu'elle aurait voulu comprendre pourquoi on l'excluait de leurs vies...

Elle n'a pas protesté devant la fuite de son ami doux parce qu'après tout, il vit des choses pas faciles et qu'elle ne va pas en rajouter.

Elle n'a pas pleuré quand elle a vu son papa défait et tout petit tout à coup à côté de cette machine qui le nourrit et qui fait de sinistres bips.

Elle n'a pas insisté pour rejoindre ce copain avec qui elle aurait aimé partager sa solitude du samedi soir même si dans son coeur il faisait froid parce qu'elle n'est pas le nombril du monde après tout.

Elle n'a même pas chialé quand elle a appris qu'un ami de la famille qu'elle connaissait depuis toujours, a été emporté par une saloperie de cancer à l'âge de 37 ans. Ce matin. Elle a fait comme les autres, elle a poussé un soupir et elle a bêtement approuvé: "Au moins il ne souffre plus''....

Elle est rentrée sagement et dignement dans son bunker et s'est assise devant l'ordi pour constater le vide de sa messagerie. Ensuite elle s'est mise à écrire des mots ici, pour ne pas décevoir, pour qu'on ait quelque chose à lire en prenant son café du dimanche.

Et lorsqu'on lui demandera ce qu'elle a fait ce samedi elle répondra en souriant qu'elle a vu sa famille et qu'elle a partagé un bon repas avec eux. Elle ne dira certainement pas qu'elle a beaucoup trop et mal mangé, comme durant toute son enfance et son adolescence parce que chez elle on ne distinguait pas abondance et qualité.

Et si elle se relit elle aura envie de tout effacer parce que ça ne se dit pas tout ça et que ça fait tellement victime....

Tout à l'heure elle ira au lit et dormira mal parce qu'elle n'a pas bien mangé et elle se dira que c'est bien tant pis pour elle, qu'elle est grande et qu'elle aurait dû agir en conséquences. Couchée sur le flanc, tenant ses oreillers contre son visage, tentant d'empêcher Monsieur Chat de lui arracher les cheveux, elle se dira, en retenant une larme toute petite et un peu sèche, que c'est comme ça et qu'elle doit cesser de croire que ça peut changer parce que la vie ce n'est pas un conte de fée. Ah non?

 

À très bientôt,


L'insomniaque :)

 

Interruption temporaire du journal de la mi-mai à la fin août 2000.

Il y a deux ans le 26/05/99


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