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En marge; Clichés instants de mes états d'esprit* * Vous n'avez qu'à glisser doucement la souris sur les icones pour les découvrir. |
Plus précisément, parce qu'hier j'ai laissé mes mots courir sur la page mais je n'ai pas su en faire ressortir le sens précis. En me relisant ce matin et après la réflexion de la nuit, je m'aperçois qu'hier soir quand j'ai écrit j'étais très en colère. De plus, quand la colère gronde en moi, j'ai tendance à devenir très triste et démesurément douce. Pourquoi? Parce que pour une raison que je ne comprends pas encore complètement, je n'ai jamais su exprimer ma colère sans qu'elle me rejaillisse dessus et que je la réabsorbe toute. Sans doute en partie parce que je viens d'un milieu familial où il y avait déjà beaucoup de colère avant que j'arrive et qu'il n'y avait pas de place pour une autre colère, surtout une toute petite colère de petite fille. Probablement parce que j'ai tant emmagasiné cette petite colère, qu'elle a grandi en moi et est devenue si grande que je n'ai plus su la contenir et qu'elle a trop souvent éclaté sans que je la contrôle et encore moins que je la comprenne. Chaque fois que je me suis fâchée quand j'étais adolescente, ma colère a pris la forme d'un troupeau de chevaux sauvages courant dans tous les sens, déchaînés, écrasant tout au passage, sans distinction. En fait, je ne possédais plus ma rage, elle me menait sans que j'y puisse quoi que ce soit. Et immanquablement on me condamnait pour cette colère. Parce que bien sûr on n'en comprenait pas la proportion et on ne pouvait pas la recevoir. Ma colère finissait par rentrer en moi et ma douceur enrobait le tout. Jeune adulte, on me demandait constamment pourquoi et comment j'étais si douce, si compréhensive. Je répondais que c'était moi. Mais à chaque fois quelque chose cognait à l'intérieur de ma poitrine. J'aurais voulu crier, on n'aurait pas compris, je finissais par pleurer. Habituellement quand j'étais seule. Depuis environ cinq ans j'ai tenté de m'approcher un peu plus du centre de moi. Lentement, patiemment, courageusement. J'y ai aperçu de belles choses et de moins belles, mais je devais encore creuser, il y avait plusieurs couches de sédiments. J'ai gratté, j'ai organisé, j'ai jetté, j'ai dit, j'ai pleuré, j'ai crié. Il en reste. J'ai trouvé certaines origines de cette colère plus grande que nature mais je n'ai pas encore su tout mettre ensemble. Je ne sais pas si j'y arriverai mais je sais que je n'y renoncerai pas. Ces derniers temps on m'a parlé de cette colère qui remonte à la surface. Quelques personnes, sans aucun lien entre elles, me l'ont fait remarquer et m'ont demandé de me fâcher. À un ami qui disait: " J'aimerais bien te voir en colère, toi", j'ai répondu en souriant: " Non, je ne pense pas que tu aimerais...." Pourquoi ce sont ceux qui m'aiment et que j'aime qui voient ça? Ce n'est pas à eux que j'en veux. Et si je libérais cette colère, que me resterait-il après la tempête? Alors je pleure. Pathétique non? Pas tant que ça parce que je commence à comprendre et ça c'est déjà un pas énorme. Le problème c'est que ce sont de toutes petites choses qui réveillent ma colère dernièrement, parce que j'y suis plus sensible. C'est difficile d'expliquer une colère de presque 40 ans. C'est difficile de la comprendre soi-même et surtout de l'évacuer. Heureusement j'ai les mots. À travers les années on m'a dit très(trop?) souvent que je devrais "écrire". J'ai compris récemment que si je n'y arrivais pas c'est que je n'avais pas encore libéré toute cette colère. Parfois mes mots sont parsemés de petits(et de grands) nuages. Mes mots ne sont pas purs et libres, je ne sais pas les laisser voler sans qu'ils s'accrochent dans mon ventre. C'est pour ça qu'écrire devient pour moi une expérience douloureuse. Au fond de moi il y a cette petite fille laide, déformée par une colère terrible que je n'ose pas montrer. Ce matin j'ai décidé de la prendre par la main et de la reconnaître plutôt que de tenter de la dissimuler sous la guimauve et les bons sentiments. Voilà. Rien de bien compliqué juste un pas de plus, encore un.
À très bientôt,
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![]() Un p'tit mot? |