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En marge;

Clichés instants de mes états d'esprit*

En ce moment j'écoute: Plein de mots qui se bousculent dans ma tête.

Étrange sensation: Plus le moment de déménager approche plus je trouve mon quartier beau et plus je m'y sens bien...

Réflexion: C'est humain de vouloir rester où on est bien mais refuser de bouger est contraire à la vie et à ses cycles...

Ce dont j'aurais très envie en ce moment: Un immense câlin de petite fille...:-)

Résultats des recherches pour un logement jusqu'à maintenant: Toujours rien mais je sens que ça va venir, je commence à y croire...enfin, j'essaie très fort.

* Vous n'avez qu'à glisser doucement la souris sur les icones pour les découvrir.


Jeudi le 5 avril 2001,

Et la lumière,

celle du printemps, celle de l'heure avancée, inonde tout ces jours-ci. Tout est différent, même le soleil s'est mis de la partie. Partout où je regarde je vois des détails que j'avais presque oubliés. Parfois un portail de jardin(donnant sur la ruelle) qui semblait si dénué d'intérêt recouvert de neige. Maintenant je le trouve joli, invitant même. J'ai envie de découvrir ce qu'il y a derrière. Curieuse? Moui.

Cet après-midi, en rentrant du boulot, des gens assis dans les escaliers extérieurs des immeubles, face au soleil, les yeux plissés mais le visage offert. Sur la rue Villeneuve, un homme, une femme et une petite fille qui semblaient sortir d'une longue hibernation. La petite fille sautait lentement à la corde à danser, comme si elle essayait de retrouver le rythme et ses parents(enfin, je crois bien que c'étaient ses parents) la regardaient en souriant. Le papa songeait probablement à combien elle était devenue grande et la maman semblait absorbée par ses propres souvenirs de petite fille au printemps. J'aurais voulu les photographier. je l'ai fait avec mes mots.

Ça m'a ramenée à mes propres souvenirs de petite fille; à ces tuques qu'on délaissait enfin, ces manteaux qui se laissaient ouvrir un peu plus chaque jour jusqu'à céder leur place à des gilets plus légers qu'on laissait vite pendus aux poteaux de la cour d'école pendant qu'on jouait à la marelle, à l'élastique, ou encore aux billes.

À cet air qui sentait drôle tout à coup, comme chargé de promesses mais aussi de relents de ce qu'on avait laissé traîner sous la neige et qui achevait son cycle de pourriture, enfin, pour céder la place à ce qui venait. Aux visages des adultes qui semblaient soudainement plus ouverts, plus souriants, moins menaçants, sans qu'on sache trop pourquoi au juste... Maintenant je le sais.

Ce matin j'ai vu un couple s'embrasser longuement à une intersection. Lentement, avec application. J'ai trouvé ça bien mignon de les voir se dire au revoir aussi tendrement, insensibles à tout ce qui bougeait autour. Puis, lorsque le feu a changé, je les ai vus franchir l'intersection main dans la main, puis poursuivre jusqu'au prochain feu, rouge, de nouveau s'embrasser... Ainsi pendant une bonne partie de mon trajet. J'ai souri. Le printemps rend parfois gourmand, et c'est tant mieux.

Il me semble que plus les années passent, plus je prends conscience des cycles et des mouvements du temps et des saisons. Comme si leur accélération me les rendaient plus évidents.Je réalise qu'il ne faut pas s'accrocher mais qu'il faut savoir savourer. Un geste, un mot, un instant.

Ce soir mes parents sont revenus de leur escapade annuelle dans le sud des États-Unis. Tous les ans ils s'y terrent 3 mois pour tâcher d'échapper un peu à l'hiver. C'est leur privilège et leur plaisir. Ils répètent d'ailleurs à qui veut l'entendre, qu'ils ne voyagent pas, mais qu'ils vivent sous d'autres cieux pendant la saison enneigée. Pour eux la nuance est importante.

À ce moment-ci de ma vie, je ne peux pas dire que je partage cette envie avec eux. Pour moi la vie est trop courte pour l'arrêter chaque année afin d'aller hiberner. Mais ils ne voient pas les choses ainsi, pour eux, c'est leur vie qui se poursuit là-bas. C'est fort possible.

Lorsque j'ai parlé à ma mère cependant, une pointe d'inquiétude dans sa voix: Ton père a mal à la gorge, il a quelque chose qui le bloque, il a du mal à avaler même de l'eau... C'est clair qu'à son ton il ne s'agissait pas d'un banal mal de gorge où d'une traître angine... Elle m'a dit que dès demain elle prenait rendez-vous pour lui chez le médecin parce qu'elle n'aimait pas cela du tout... Mon père a eu 71 ans en mars dernier et il a toujours beaucoup fumé, malgré ses nombreuses tentatives d'arrêter(certaines presque réussies) ces dernières années. Mon père est fort, il l'a toujours été, à mes yeux de petite fille comme à ceux de femme. Mais il y a des cycles et des saisons, rien n'est éternel ou immuable.

Le soleil s'est couché il y a quelques heures et printemps ou hiver, il fait tout aussi noir. Et les petites filles(même grandies) ont toujours peur quand le noir et le froid reviennent.

Bien sûr, demain, on annonce encore du soleil et il y aura des sourires et de l'espoir partout sur les visages. Mais il y aura aussi une petite fille apeurée qui n'en montrera rien et qui marchera bien droite, le visage tourné vers le chaud du soleil et l'été qui vient.

Dans les saisons de la vie, il vient toujours un moment où on doit faire vivre la force qu'on nous a transmise et qu'on gardait au fond de soi. C'est demain. Ce soir je suis encore un peu petite et je rêve qu'on me berce, demain le cycle de la vie continue.

 

À très bientôt,


L'insomniaque :)

 

il y a un an le 05/04/00

Il y a deux ans le 05/04/99


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