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Mercredi le 11 octobre 2000,

Nuances,

voilà ce que j'aimerais apporter ce soir à mon aveu de pudeur et d'impudeurs de l'autre soir. Un lecteur m'a écrit pour me proposer de tenter de répondre à la question suivante:Comment se placent respectivement pudeur et timidité sur l'échelle de la retenue ?

J'ai beaucoup réfléchi... Et j'en viens au postulat suivant: C'est la confiance qui influence. Pour moi la retenue est un réflexe de survie. Lorsque j'étais petite, je me souviens de deux ou trois trucs qui ont sans doute déterminé une large part de ma façon actuelle d'être au monde.

D'abord il faut dire que j'étais l'aînée, la première enfant dans la famille élargie et qu'on m'a beaucoup mise de l'avant. Je devais être la meilleure, la première, la plus remarquée, je n'avais tout simplement pas le choix. C'était ainsi. Je ne crois pas non plus que cet état de fait ait été le résultat de mauvaise volonté de quiconque dans mon entourage. J'étais tout simplement la porteuse de plein de rêves inachevés...sans doute comme bien des aînés...

Je me souviens de mes premières années à l'école, j'étais une enfant vive et curieuse, toujours la main levée, la réponse à la bouche, l'envie de sauter... Tous mes bulletins disaient que j'avais beaucoup de talent mais que je prenais trop de place...que je dérangeais, que j'attirais l'attention.

J'ai donc tenté de développer le réflexe de survie du profil bas... J'ai presque réussi... parfois si bien que j'ai eu presque tendance à me rendre invisible plus tard... Mais bien sûr, cette petite princesse héritière est toujours demeurée en moi, coincée et malheureuse parfois mais toujours bien vivante.

J'ai appris à ne pas suivre mon élan, à ne pas me précipiter, à ne pas m'exclamer, de peur d'être expulsée, exclue, désaimée...

Les années ont passé et j'ai traversé mes propres tempêtes, combattu mes propres batailles, souffert mes propres blessures. La femme adulte en moi a appris à exercer un recul, à entendre les cris étouffés de la princesse frustrée, à comprendre la configuration globale de toutes ses contradictions. Et elle a saisi soudain que sa survie et sa croissance dépendaient de la juste place qu'elle saurait redonner à la petite princesse-héroine-martyre... Ne plus la baillonner.

Peu à peu la réserve a fait place à une présence active, à une expression de soi, à cette page, par exemple.... Mais à travers tout ça, bien que la princesse avait une tribune, l'adulte veillait avec toute sa pudeur, cultivée avec les années. On ne devient pas extravertie du jour au lendemain, on développe lentement une stratégie pour être soi, pour ne plus se taire.

Mais où est la timidité dans tout cela? Selon moi la timidité est issue de la peur de mettre son coeur à nu devant des gens qui ne savent pas l'apprécier et qui pourraient s'en servir pour atteindre leurs propres fins. La timidité est directement reliée à l'expérience et proportionnelle à la vulnérabilité et à la sensibilité de qui la porte.

Donc, si vous m'avez bien suivie, l'insomniaque est pudique et réservée mais pleine d'impudeurs potentielles. Elle a appris à ne se livrer qu'en son propre territoire, selon ses propres règles et seulement quand elle a repéré la sortie de secours. Mais quand elle se livre elle le fait intensément et sans réserve. Voilà.






À très bientôt,


L'insomniaque :)




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insomniaque1@caramail.com

Un p'tit mot?