Jeudi le 5 octobre 2000,
L'automne,
soudainement sur Montréal, des feuilles partout, des rues sombres déjà après souper, des gens qui marchent vite pour échapper aux premiers frissons, la pluie.
Et je me semande où est passé mon été... Celui que j'attendais, sans doute pour qu'il me réchauffe l'intérieur, à défaut de ses bras. Je regarde autour de moi et je constate qu'il n'y a ni l'un ni l'autre. Il y a moi, debout, et c'est bien ainsi.
Mon plus grand étonnement vient du fait que ce qu'on attend vient rarement mais quelque chose vient toujours, dès lors qu'on a le courage de poser des gestes. Bien sûr mon bel oiseau envolé a laissé un vide en plein centre de moi, mais la nature est si bien faite, je sens déjà la cicatrice se former doucement.
Je suis même rassurée de constater qu'on peut survivre en s'accrochant et même à de pareilles bourrasques de fond. Et je ne peux m'empêcher de sourire en songeant à tout ce que les vents de l'automne poussent sur le pas de ma porte. Délicieux. La vie est forte et l'insomniaque gourmande... Alors, goûtons.
Je me demande s'il y a un plan quelque part où nos vies sont dessinées(dans les grandes lignes), ou alors si tout nous arrive pêle-mêle, par hasard sans dessein particulier... De toute manière il y a une sagesse de la vie à travers tout ça, il ne peut en être autrement. Le trouble commence lorsqu'on essaie de deviner la fin en vivant le commencement. C'est alors que les petits génies de la surprise, petits diables malicieux, se mettent à s'amuser à tout revirer. Il vaut donc mieux ne pas jouer à ça. Et moi je n'en ai pas du tout envie. Juste vivre.
À très bientôt,
L'insomniaque :)
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