Samedi le 26 février 2000,
Revenir,
à ses sources, à son origine, comprendre où tout a commencé. Aujourd'hui j'ai fait un voyage dans le passé, je suis allée dans le quartier de mon enfance et dans la maison qui m'a vue grandir. Et je n'y suis pas allée seule, j'y ai amenée une amie de cette époque qui est toujours restée près de moi.
Ensemble nous avons regardé avec nos yeux de maintenant, cet endroit, ces lieux dans lesquels nous avons vécu toute notre enfance et notre adolescence. Nous avons évoqué toutes ces histoires presqu'enfouies, ces aventures que nous avons traversées, ces rires que nous avons partagés, ces larmes que nous avons versées... Parce qu'il n'y a pas eu que de bons moments, bien sûr.
Je me rappelle, le soir de mes 17 ans, avoir regardé le ciel avec elle et avoir tellement pleuré, parce que je trouvais la vie si absurde.... Je me souviens du porche du côté de l'église sous lequel nous allions nous asseoir pour discuter des heures durant et essayer de deviner ce que nous serions maintenant. Je vois encore le tapis «shaggy» jaune moutarde (les années soixante-dix, ça vous dit quelque chose?;) sur lequel nous nous assoyions dans sa chambre pendant de longues soirées, à fumer nos premières cigarettes et à vivre nos premiers chagrins d'amour, nos premières questions sans réponses... Je me rappelle la soupe que sa mère nous servait, une sorte de bouillon de poulet avec des nouilles, soupe qui avait été tellement poivrée qu'il me fallait tenir un verre d'eau froide tout près:)
Des bons et des mauvais souvenirs, des petites et des grandes nostalgies, mais tout à la base, nos racines, le sol dans lequel nous avons grandi, et qui font qu'aujourd'hui, nous sommes ce que nous sommes.
Sans l'avoir prévu, nous nous sommes retrouvées toutes deux à faire le bilan, à retracer le chemin de nos vies, puis à énoncer ce qu'il nous restait à faire, chacune de notre côté, pour que nos vies aient du sens, pour que nous puissions, dans 15 ou 20 ans, regarder nos traces tout en gardant la tête haute et le sourire, nous avons défini la couleur du bonheur.
Nous avons même poussé la complicité jusqu'à énoncer un rêve que nous caressions, chacun le nôtre, et nous avons jeté une pierre dans le puits de l'amitié, afin de souhaiter sa réalisation. Quel rêve? Ça je le garde pour moi, mais je peux vous dire que nos deux rêves se rejoignaient, et nous avons compris ainsi pourquoi notre amitié était si solide, pourquoi, il y a presque 30 ans, nous nous étions reconnues instantanément.
Mais nous n'avons pas que brassé des souvenirs et rêvé des bonheurs, nous avons aussi passé au tamis nos vies actuelles et identifié l'essentiel, énoncé ce qui faisait de nous les femmes que nous sommes devenues et ce que nous désirions cultiver et faire grandir. Également, ce dont nous voulions nous défaire, ce qui parasitait inutilement notre chemin.
Je reviens ce soir et je me sens neuve, prête à avancer, à affronter les vents et les marées de l'existence. J'ai alimenté la petite flamme au fond de moi, nettoyé ce qui l'empêchait de brûler vivement. Et tout ça, grâce à l'amitié et à la prise de conscience de ce qui m'a fait. J'ai envie de faire encore un pas de plus...
À bientôt,
L'insomniaque :)
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