Mercredi le 2 février 2000,
Mon connu,
les certitudes auxquelles je m'accroche, ce qui me rassure... Ce soir j'aimerais être capable de les enfermer tous dans un coffre fermé à clé et regarder autrement. Mais cette peur me saisit: « Et si je me trompais..» « Et si autrement était pire...» Toutes ces questions qui me paralysent.
Pourtant je sais que je dois affronter cette peur et traverser. Je suis prise de vertige devant cet immense pont suspendu et pourtant... Il me semble que mon seul salut est de m'engager sur cette voie. Reculer n'est pas une option acceptable ni viable. Rester sur place devient inconfortable voire douloureux.
Pourquoi ai-je tant besoin de comprendre? Qu'est-ce qui m'empêche d'être, tout simplement? M'accrocher à mes vieux repères est-il un réflexe de survie ou un symptôme de faiblesse? De quoi ai-je besoin au juste? Suis-je complaisante envers moi-même?
La vie est une drôle d'aventure à laquelle je tente sans cesse de trouver un sens. Je suis constamment déchirée entre me laisser porter à travers les chemins déjà tracés en m'interrogeant le moins possible et me laisser interpeller par toutes ces questions qui montent. Mais si ces mêmes questions m'entraînent dans une boucle infinie, à quoi bon alors?...
Malgré tout je sens très bien que ces questions font partie de qui je suis...Même si elles sont dérangeantes pour moi d'abord puis pour ceux qui m'entourent, les empiler sous la moquette ne servira qu'à les rendre plus lancinantes. Alors, courage et patience l'insomniaque. Un petit pas à la fois...tout petit... Et surtout, ne t'accroche pas dans les fleurs du tapis.
Et on se demande pourquoi elle ne dort pas...
« Des choses arrivent qui sont comme des questions. Une
minute se passe, ou bien des années, puis la vie répond. »
Alessandro Baricco
Extrait de Chateaux de la colèreÀ bientôt,
L'insomniaque :)
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