Jeudi le 3 février 2000,
Pas le temps,
pas assez d'heures, de minutes, de secondes, pour faire, dire, penser et ressentir tout ce que je voudrais dernièrement. Frustrant. Je dois toujours laisser tomber quelque chose ou quelqu'un, faire des choix, accepter de donner moins, de manquer quelque chose... Gourmande, moi? Non, vivante et de plus en plus consciente des limites du temps.
Mais bon, c'est signe que ma vie est remplie. Pas toujours de ce dont j'aurais envie mais sans doute toujours de ce dont j'ai besoin.
Je ne peux m'empêcher de me rappeler avec une certaine nostalgie de la longueur avec laquelle le temps semblait s'étirer jadis. Je me sens présentement engagée dans une course folle contre la montre et cela m'empêche de polir certaines expériences, certaines idées, certains rêves...
Normal, me direz vous. Probablement, mais cela ne m'évite pas cette impression de passer à côté de plusieurs choses, de couper certains coins rondement, de négliger certaines relations, de m'oublier.
Et je n'ai pas même le loisir de m'arrêter pour poser mes limites, choisir mes priorités et encore moins écouter la vie et ses leçons de sagesse. Elles s'imposent toutes d'elles-mêmes.
Et qu'est-ce qu'une insomniaque fait lorsque le temps devient rationné? Elle coupe sur les heures de sommeil, naturellement. Bien entendu elle devient très vite épuisée et en vient même à ne plus pouvoir jouir de ce temps volé... Dilemme...
Voilà comment je me sens ce soir: Fatiguée et pleine d'urgences intérieures. Pas évident à gérer, mais il doit bien y avoir un moyen d'apprivoiser ce sentiment d'être entraînée dans une crue de vie, une façon de reprendre les rênes ou de faire la paix avec cette vie qui se déroule. Donnez moi le temps et j'en ferai bon usage.
Je trouverai bien. En attendant il faut que je me sauve...
À bientôt,
L'insomniaque :)
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