Dimanche le 19 décembre 1999,
Petite insomniaque,
déjà debout dans son lit à refuser de dormir. D'aussi loin que je me rappelle, je n'ai pas voulu dormir. Comme si j'avais eu l'angoisse de manquer quelque chose, de perdre mon temps précieux (après tout on ne vit pas mille ans)...
D'ailleurs, j'ai toujours aimé l'énergie de la nuit. Son silence soyeux. Sa douceur. J'ai toujours adoré les moments d'intimité dans la nuit. Les confidences douces et vraies qui sont inspirées par cette atmosphère cotonneuse et dites presqu'en chuchotant par respect pour la nuit.
M'entendre penser, écrire, rêver toute éveillée, dessiner mes projets....
Dormir avec quelqu'un. L'observer et écouter son souffle. Deviner la couleur de ses rêves. Être heureuse comme ça la nuit, simplement.
Passer la nuit à la belle étoile, regarder le ciel, les étoiles, se demander ce qu'il y a au loin, s'imaginer nager dans l'immensité du ciel. Écouter les sons de la nuits.
La fenêtre ouverte au bord de la mer. S'imaginer que chaque vague est une caresse. Écouter le vent et entendre l'univers respirer. Se lever et marcher sur une plage éclairée par la lune. Bonheur :)
Nourrir un enfant dans la nuit. Seule au monde avec lui. Sentir la force de vie qui le pousse à boire pour survivre et grandir. Constater son lourd abandon, sa confiance totale, sa vulnérabilité infinie et s'émerveiller. Laisser couler ses larmes attendries. Aimer si fort que le coeur nous élance.
Retourner au lit, toujours éveillée, et se blottir tendrement contre cet être merveilleux, ce co-créateur de miracle, ce complice de vie. Sentir sa peau et son énergie. Redevenir un bébé et s'endormir abandonnée à son tour. Aimer à nouveau d'une autre nuance. Sentir sa place dans l'univers.
J'aime la nuit et son souffle doux. N'est-ce pas là un prérequis pour l'insomniaque?
À bientôt,
L'insomniaque :)
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