WB01426_.gif (1288 bytes) Journal d'une insomniaque  WB01409_.gif (599 bytes)

 

Mardi le 8 juin 1999, 

Le ciel,

couchée sur mon matelas pneumatique, je l'observais ce soir.  Ciel magnifique, orné de nuages de toutes les formes et les textures, juste assez sombre pour que je puisse le regarder attentivement sans me faire mal aux yeux. 

     Envie de m'envoler, de nager dans cette espace bleu, de sentir les nuages sur ma peau, de monter très haut et de me griser de liberté et de grandeur.   Ouf!  L'insomniaque s'agite ;-)  Et après, c'est vrai que j'ai envie de m'envoler et de me perdre dans le bleu...

    D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été passionnée et idéaliste.  J'ai toujours eu envie de vivre différemment, de connaître ce qui est différent, de mordre à la vie et de faire moi-même une différence. 

    Je n'ai pas toujours réussi à vivre selon ces principes, j'ai souvent fait les choix qu'on attendait de moi.  Volontairement.  Mais je dois dire qu'à certains niveaux, dont mon travail, j'ai réussi à faire des choix respectueux de mes croyances et de mes désirs.

    Je vais vous raconter une petite anecdote, vraie, qui a eu lieu au cours de ma huitième année de vie et vous comprendrez sûrement un peu plus qui je suis.

La petite fille qui voulait toucher au ciel

     Il était une fois, une petite fille qui avait sept années bien sonnées et qui prenait le chemin de l'école, tous les matins car elle était en deuxième année.  Elle aimait beaucoup apprendre, était curieuse et avide de comprendre, et, comme elle avait vite saisi que plusieurs choses essentielles ne s'apprenaient pas à l'école, elle aimait beaucoup l'aventure et avait tendance à sortir des sentiers battus.

    D'ailleurs, ses ailes n'avaient pas encore été brûlées(cela ne tarderait pas cependant) et elle n'avait pas encore fait connaissance avec la peur.  Elle prenait donc grand plaisir à explorer tout ce qui l'entourait et à fréquenter les gens les plus différents qui soient.

    Hors, justement, ce matin là, la petite fille toute emmitoufflée(c'était l'hiver) aperçut un grand monsieur qui promenait son chien et qui semblait s'adresser à l'animal en anglais...  Bon, il faut comprendre qu'à cette époque, dans le tout petit village où vivait la petite fille, entendre parler anglais était peut-être l'équivalent d'entendre parler chinois mandarin aujourd'hui:  Plutôt rare et surprenant.

    En fait, je dois vous dire que la petite fille n'adressa pas la parole au grand monsieur tout de suite.  Prudente, elle l'observa d'abord de loin , pendant une petite période et elle comprit qu'il promenait son chien tous les matins, à la même heure et au même endroit.  Bien vite, elle commença à se démordre les lèvres, car voyez-vous, elle avait appris quelques notions d'anglais grâce à ses parents qui voulaient lui offrir ce cadeau, et avait très peu d'occasion de le mettre en pratique.

    Elle vit alors l'avantage de devenir l'amie du grand monsieur(profiteuse, la p'tite!) pour ainsi mettre à profit ses quelques notions d'anglais.  Elle se mit alors à baragouiner quelques phrases en anglais et fit de son mieux pour devenir une amie pour le beau grand monsieur.

    Tous les matins, le monsieur, son chien, qui s'appelait Brownie, et la petite fille, formaient un groupe singulier sur le chemin de l'école.  Très gentil, le monsieur prenait plaisir à la compagnie et la conversation de sa nouvelle petite amie.  En fait, l'enfant était vive et très polie, posait des questions intelligentes et lui permettait d'évoquer sa patrie perdue....  Un vrai cadeau du ciel ;-)

    C'est ainsi qu'ils firent connaissance, sous l'oeil ébahi des autres petites filles, qui ne comprenaient absolument pas qu'on puisse avoir envie de parler à un vieux et grand monsieur anglophone, et, encore moins, réussir à le faire...

    Bien sûr, la maman de la petite fille, alertée par des voisins des fréquentations assidues de sa petite fille, fit sa propre enquête et découvrit que le monsieur en question était un évêque roumain de l'Église Orthodoxe, qui était en exil, suite à des événements politiques dans son pays.  Pourquoi il avait choisi un si petit village(à peine 5,000 habitants) pour s'établir, elle ne le sut jamais. 

    Mais elle apprit bien d'autres choses.  L'été,  elle allait frapper chez lui et il venait s'asseoir avec elle dans les escaliers extérieurs.  Jamais il ne lui avait proposé d'entrer, il était un gentleman et voulais éviter toute inquiétude.   Parfois, il lui offrait dix sous, parce qu'il l'aimait bien , et avec cette fortune, elle allait dévaliser le marchand de bonbons  ;-)

    Il lui racontait plein d'histoires de son pays, elle écoutait passionnément en se disant que, sans doute, elle visiterait ce pays un jour.  Le Noël suivant, il vint la visiter chez elle, en compagnie de ses parents, bien sûr, et lui offrit des tas de livres sur la Roumanie et sur l'Europe.  Elle se délecta de ces lectures et découvrit des merveilles que, même elle, n'aurait pu imaginer.

    Pendant des années ensuite, elle demeura en contact avec Monsieur Iyuga(orthographe approximatif), le visitant à l'occasion, et continuant d'améliorer son anglais.   Malheureusement, avec les années, la petite fille devînt plus grande, et, éventuellement elle perdit son grand ami de vue.  Mais elle ne l'oublia jamais, lui et le monde merveilleux dont il lui avait indiqué la porte.  :-)  Elle vécut plusieurs années, eût quelques enfants(2) et leur raconta l'histoire de la petite fille et du grand monsieur avec un chien qui parlait anglais(le monsieur, pas le chien!)

FIN

    Voilà.   Maintenant la petite fille devenue grande, a sommeil et vous quitte pour s'envoler vers le ciel de ses rêves, bonne nuit et à demain,

                                                                 L'insomniaque :-) 

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