Journal d'une
insomniaque
Mercredi le 12 mai 1999,
Qui je suis,
vraiment, réellement. Ce n'est pas ce journal qui vous le révèlera. Du moins, en partie, car vous n'avez accès qu'à ce que je veux bien vous livrer. Bien sûr, vous connaissez une facette de moi qui existe bel et bien. Je n'ai aucun avantage à vous mentir, aucun plaisir.
Ce journal est une fenêtre que je vous ouvre sur mon monde et sur mes idées. C'est un réel plaisir pour moi d'exprimer ici, le plus clairement et le plus sincèrement possible mes sentiments et mes idées. J'aime aussi recevoir votre feedback et échanger avec vous.
À mon avis, toute la controverse qui circule présentement sur les journaux-fictions cache une vraie question que personne ne pose: Pourquoi quelqu'un ressentirait-il le besoin d'écrire un journal intime en ligne fidèlement sur une période de temps relativement longue en y racontant des histoires inventées, tout en recevant des courriels de lecteurs qui le croient sincère et en y répondant? De quel malaise cet individu pourrait-il bien souffrir? Se pourrait-il qu'un tel comportement trahisse une estime de soi fragile et une conviction de n'avoir rien à raconter sur soi qui puisse retenir l'attention?
Personnellement, je lisait régulièrement le journal de l'avocat avant le scandale... Et j'avoue que j'ai eu du chagrin pour lui lorsqu'il a perdu sa Catherine. Lorsque j'ai appris que ce n'était que pure fiction, je me suis sentie ridicule, et depuis, je suis beaucoup plus méfiante lorsque je lis des diaristes. Mais ce mec, l'avocat, que pouvait-il bien ressentir face à sa vraie vie, pour s'être senti obligé de la réinventer?
Voilà ce que je pense. Je ne suis pas obligée de vous révéler tout ce que je suis, mais j'ai besoin d'être vraie dans la partie que je vous laisse voir. Le maquillage n'est pas mon fort, je préfère que vous me trouviez ennuyante et sincère que croustillante et fictive. Voilà. C'est tout ce que j'avais à dire sur le sujet. Si vous désirez poursuivre la discussion, vous pouvez toujours vous inscrire à la liste de discussion par l'entremise de la liste Souvent. J'aurais aimé vous insérer un lien mais, le site n'est pas accessible ce soir et je suis donc incapable de retrouver l'adresse. Demain peut-être. C'est un autre jour. À plus tard,
L'insomniaque