Journal d'une
insomniaque
Vendredi le 9 avril 1999,
Des montagnes russes,
voilà la description sommaire de ma semaine. C'est terminé maintenant, nous sommes fixés, la grève est déclarée et nous devrons nous serrer les coudes(et la ceinture!?!) afin de la traverser. Comme dirait Denis: "On en a vu d'autres...". Et c'est bien vrai.
En 1989 d'ailleurs, nous avons vécu une grève de quatre mois et des poussières... À cette époque Denis et moi travaillions tous les deux pour Bell. Lui, venait d'être embauché comme technicien et moi, je travaillais comme téléphoniste. Nous avions alors un bébé de quatorze mois et deux jours après le déclenchement de la grève, nous devions prendre possession de notre première voiture(une Nissan Micra usagée). Nous avions décidé d'acheter la voiture parce que nous avions signé un bail pour un logement à Ste-Thérèse, histoire de donner à notre fils le privilège que nous avions connu: Grandir en banlieue. Nous aimions beaucoup Montréal mais les appartements qui convenaient à notre budget ne se trouvaient pas nécessairement dans des quartiers adaptés aux familles. Nous pensions ainsi résoudre plusieurs casse-têtes, dont la garderie et l'école.
Et ce fut fait.... La grève débuta le 26 juin, nous achetions la voiture le 28 juin et nous déménagions le premier juillet. Pas de panique nous étions nous dit! Denis trouva un emploi de serveur en restauration, métier qu'il occupait avant d'entrer chez Bell, et moi j'obtins un poste de préposée aux sondages, fonction que je n'avais jamais accomplie auparavant mais dans laquelle je devins vite à l'aise surtout grâce à l'aspect téléphonique que je maîtrisais très bien. De plus, nous faisions notre piquetage quotidien, ce qui nous rapportait également un peu d'argent.
Il faut dire qu'à cette époque nous avions moins de responsabilités et que nous étions habitués à mener des existences d'étudiants. Peu importe, les choses se passèrent somme toute assez bien, du moins au début. À l'automne, par contre, lorsque la bise se mit à approcher dangereusement, et que la grève commença à se prolonger de manière inquiétante, les choses devinrent de plus en plus difficiles. Heureusement, nous reçumes de l'aide de notre entourage pour franchir les derniers milles, mais lorsque le contrat fut signé, le 23 octobre, nous fûmes bien soulagés.
Il est vrai que nous nous en étions plutôt bien tiré, compte tenu des circonstances, mais ce ne fut pas une expérience agréable ni facile. Nous espérions bien ne plus jamais la vivre. Maintenant, dix ans plus tard, nous revoilà dans les mêmes circonstances mais cette fois-ci nos responsabilités sont plus grandes: Nous avons maintenant deux fils(12ans et 8ans) et nous nous sommes construit une maison en 1996. Je ne travaille plus pour Bell mais le salaire de Denis est plus élevé que le mien et cette perte peut nous causer bien des inconvénients.
Bien sûr, ce sont là des considérations matérielles mais nous ne sommes pas sans savoir que le stress qui découle des problèmes financiers peut faire grand tort à une famille. Le défi sera donc de ne pas perdre de vue ce qui est important et ce, même dans les pires moments.
Non mais, m'entendez-vous? Quel drame je vous raconte!!! Je sais que nous avons du support merveilleux autour de nous et nous prendrons la situation un jour à la fois, nous vivrons les difficultés au fur et à mesure qu'elles se présenteront et surtout pas par anticipation!!! C'est la seule façon de faire. Bon çà va mieux. ;-)
Sur une note plus légère, je sais, à cause de mon compteur, que plus de visiteurs viennent faire un tour ici. Cà me fait bien plaisir! Mais ce qui me ferait encore plus plaisir? Un petit mot de temps en temps pour me dire que vous êtes là. Si cela vous tente, bien entendu!
À plus tard!
L'insomniaque
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