WB01426_.gif (1288 bytes) Journal d'une insomniaque  WB01409_.gif (599 bytes)

 

Samedi le 3 avril 1999,

Rien d'intéressant,

il me semble que je n'ai aucune inspiration ce soir.  Pourtant j'ai le goût d'écrire quand-même.  En fait, c'est peut-être le piège de vouloir écrire un texte génial ou rien...  Et un des buts de cette page est de vaincre cet obstacle de perfectionniste que je suis(moi perfectionniste???) , afin de pouvoir découvrir l'essence de ma créativité...  Wow!  Quelle phrase!  On est bien parti, y'a pas à dire...

    Eh bien, qu'est-ce qui m'a touchée aujourd'hui?  Plein de choses.  Mais encore?  La chronique de Pierre Foglia dans La Presse de ce matin.  Et pourquoi donc?  À cause de ce qu'il nous livrait comme réflexion sur le film de Richard Desjardins:   L'erreur boréale.  Ce film démontre que, malgré les affirmations des compagnies de coupes forestières, les coupes à blanc sont partout et tout ce qu'on voit comme forêts le long des routes et autour des lacs, n'est plus, du haut des airs, que de minces lisières illusoires qui cachent le vrai portrait de notre forêt:  Ravages et coupes à blanc.

    Foglia compare alors ce phénomène à tout ce que le gouvernement montre comme façade au peuple "trop sensible", pour cacher les compromis "inévitables" concédés au monde des affaires dans les décisions gouvernementales, et ce, dans tous les domaines:   Santé, éducation, culture et autres.  Selon lui, il existe un écran de fumée entre la réalité et ce qu'on veut que le peuple voie.  Il compare cet écran de fumée à la lisière d'épinettes qui nous cache les coupes à blanc.  Bien plus, il compare les individus bien intégrés à la société et épanouis économiquement, à ces épinettes qui non seulement ne sont pas représentatifs de la forêt ravagée mais, sont de plus, placés là pour cacher la réalité.  Nous serions, comme individus, des épinettes plantés là à notre propre insu, afin de cacher les saignés à blanc qu'on ne veut surtout pas voir.  En fait, nous serions, selon M. Foglia, des cobayes de la propagande gouvernementale qui veut montrer que tout va pour le mieux dans la meilleure des sociétés, malgré le fait que les exclus sont de plus en plus nombreux et que leur nombre va continuer de s'accroître.

    Ouf!   toute une analyse!  Qui sonne tout à fait vraie et qui me donne froid dans le dos.  D'ailleurs, je me dis souvent que je ne suis qu'à deux chèques de l'aide sociale:  Mon 4% et mon assurance-emploi...  Pourtant je me sens tellement distancée de cette situation.  Comme si cela ne pouvait pas m'arriver.  Comme si j'avais été "choisie" pour faire une bonne vie.  Plantée comme un épinette en bordure de route.  Mais la bordure est de plus en plus mince, attention...  L'appétit des financiers fera-t-il disparaître la lisière?  Qui sera la prochaine victime de l'ogre?

     Cette chronique de Pierre Foglia m'a fait poser des questions dérangeantes et intéressantes...  Malgré que je ne le trouve pas sympathique comme bonhomme, à cause des réflexions cyniques et sans nuances qu'il nous livre parfois, je dois avouer qu'il me fait souvent réfléchir.  Et j'aime çà.  C'est d'ailleurs pour cela que je ne manque jamais de lire son billet les mardis, jeudis et samedis dans La Presse.  Aujourd'hui il m'a particulièrement interpellée et je l'en remercie.  Finalement, j'avais quelque chose à dire! Bonne nuit,                                                                                                     L'insomniaque  

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Ink_bott.jpg (7289 bytes) Un petit mot?

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