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En marge; Clichés instants de mes états d'esprit* * Vous n'avez qu'à glisser doucement la souris sur les icones pour les découvrir. |
Presque parfait, ce samedi de janvier, dernière journée officielle de la période des Fêtes(oufff...et moi qui craignais de ne pas passer au travers). Température douce, calme relatif et coucous communautaire ce midi avec un groupe de mes participants, un groupe absolument génial soit dit en passant. Ce sont des gens supers: enthousiastes, ouverts, courageux et ma foi fort sympathiques. La plupart sont originaires du Magreb(Afrique du nord) deux de l'Afrique noire, un de Belgique et un d'Haiti. Ces gens ont réussi à former un groupe. De petites îles désertes qu'ils étaient au commencement(novembre 2000) ils ont réussi à bâtir des ponts, à se tendre la main, au delà des différences. Et je me sens très privilégiée d'être témoin de tout ça. C'est beau l'humain parfois. Pas toujours. Et que dire du couscous préparé avec amour et simplicité par les deux femmes du groupe(les hommes ont contribué financièrement, certains ont amené des breuvages ou des desserts). C'était délicieux. Si ça vous choque que ce soient les femmes qui aient tout naturellement préparé et servi le repas, sachez que moi aussi ça m'a fait réagir. Mais bon, dans le métier que j'exerce il faut savoir aussi laisser vivre les gens comme ils le sentent, s'insérer sans jugement parmi eux et écouter, vraiment écouter. C'est ainsi que j'ai appris que le couscous servi en étaient un de l'Algérie de l'est. Chaque région a sa recette. Celui-ci était juste assez épicé. J'ai aussi appris que la polygamie est admise par le Coran mais qu'il y est inscrit que la première femme doit toujours donner son consentement(ce qui n'est pas toujours appliqué semble-t-il, certains hommes ont plusieurs épouses qui ignorent l'existence les unes des autres...Il paraît que ça crée parfois des situations surprenantes et délicates lors des enterrements notamment...) Un homme peut prendre jusqu'à quatre femmes. Il semblerait par contre que cette pratique est très peu suivie. Avoir plusieurs épouses serait un signe de richesse(il faut payer la dot et entretenir la maisonnée). J'ai aussi su que cette pratique pouvait constituer une façon pour l'épouse première de prendre un peu de répit et d'avoir un peu d'aide dans ses tâches et responsabilités ménagères après avoir travaillé très fort pendant plusieurs années. Je réalise que dans notre merveilleuse société occidentale et civilisée nous n'avons pas ce problème. Chez nous les hommes de 45 ou 50 ans sont monogames. Lorsqu'ils deviennent las de leur première épouse ils ont la courtoisie de la quitter pour en trouver une plus jeune et moins fatiguée... Ou alors ils restent tout en trouvant une maîtresse pour les dorloter à temps partiel alors que l'épouse continue à laver leurs chaussettes tranquilement. Bien sûr la maîtresse a souvent le privilège de passer les dimanches et les vacances seule...mais bon, rien de parfait dans ce monde... J'espère que vous ne lisez pas trop de frustration dans ces lignes, ce n'est pas le but. Juste une réflexion sur notre ethnocentrisme occidental. Tout a l'air si gros quand on regarde de loin...mais quand on se met à rapprocher notre vision on s'aperçoit que nous avons nos propres contradictions. Et bien mal s'en prend qui veut porter un jugement sur la façon de vivre des autres. Juste regarder et écouter discrètement il y a tant à apprendre et à découvrir... Je suis rentrée à pieds par la rue Mont-Royal. Il y avait des gens partout. Je me suis livrée à mon passe-temps préféré: Observer toutes ces personnes, essayer d'imaginer qui ils étaient, quelle vie ils menaient, comment ils se sentaient, où ils allaient... Certains semblaient pressés, d'autres s'attardaient, des amoureux se tenaient par la main, des mamans poussaient des poussettes..., des papas tenaient des enfants par la main. J'ai vu une dame qui marchait courbée et péniblement, tellement penchée que je ne comprenais pas comment elle arrivait à voir où elle allait. J'ai vu des mecs blasés, des copines complices qui regardaient les vitrines en rigolant et en s'exclamant. J'ai croisé des dames d'un âge certain qui venaient de s'apercevoir et clamaient leur surprise de se retrouver. J'ai vu une femme triste qui marchait le regard vide, absente à tout ce qui bougeait et vivait. Et je me suis encore étonnée de toute cette diversité qui marchait sur le même petit bout de la planète. Encore une fois je me suis perdue dans me pensées à imaginer que j'aurais pu être n'importe qui dans ces passants, vivre n'importe laquelle de ces vies. Et en tournant a tête je me suis aperçue dans une vitrine et me suis demandée brièvement ce que j'aurais imaginé de moi en me croisant par hasard sur la rue Mont-Royal... Ah, et puis j'ai aussi reçue une carte très douce d'un de mes participants qui tenait à souligner son appréciation de ce qu'il retirait de son passage dans notre organisme. Il m'a écrit: ...Merci pour le coeur à donner, c'est la meilleure façon de recevoir...Il ne croyait pas si bien dire. Je fais le plus beau métier du monde mais je ne sais plus à qui dire merci. Alors je l'écris ici, pour être sûre de ne pas l'oublier. Finalement presque tout est parfait. Il n'y a que mon bunker qui est un peu vide ce soir. J'aurais aimé sortir ou inviter quelqu'un mais je n'avais pas envie de rompre le doux silence qui m'enveloppait. Tant pis, ne me reste plus qu'à assumer et à rendre ce silence utile.
À très bientôt,
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