Samedi le 29
avril 2000, Rose, telle était la couleur du ciel ce soir à la brunante. Pas simplement rosé mais complètement rose... comme si on avait appliqué une coloration aux nuages. En conduisant sur l'autoroute, au retour d'une magnifique rencontre avec des cyber-amies, je regardais ce ciel et n'avais envie que de m'y plonger. J'ai souvent cette envie de m'envoler et de me perdre dans le ciel. Mais ce soir, avec toute cette beauté, j'aurais aimé que la nuit ne tombe jamais... Bien sûr tout est emmagasiné en moi, comme les souvenirs, mais j'aurais tant voulu que ce moment dure encore. C'était comme si en regardant le ciel je sentais que tout était possible, comme si je ressentais soudainement la perfection de tout ce qui existe et que je ne désirais plus affronter l'imperfection. Un peu comme les grands ou les petits bonheurs de la vie auxquels on a le réflexe de s'accrocher pour ne pas qu'ils cèdent la place aux douleurs et aux creux de vagues... Mais ils finissent toujours par revenir. Et la peur de laisser aller la vie dans son cycle habituel est directement proportionnelle à la force des bonheurs ressentis dans ces moments privilégiés. Plus on peut s'émerveiller, plus on peut souffrir. Et pourtant la douleur aussi exprime la vie. Rien qu'à songer à un accouchement on voit très bien combien le bonheur et la douleur peuvent s'entremêler. Et quand on refuse la douleur, d'une certaine manière, on refuse aussi la vie... Alors pourquoi est-ce si difficile d'accepter que demain il pleuvra alors que le ciel est si beau ce soir? Que signifie cette peur de perdre qui vient entacher ma capacité de savourer? Encore une réflexion pour meubler ma nuit, sans doute une clé de cachée là quelque part...
À très bientôt, L'insomniaque :)
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