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Dimanche le 12 mars 2000,

Des mots,

que je vous écris ici, soir après soir, que vous lisez, souvent avec plaisir, avec intérêt et ouverture aussi. Des phrases et des idées qui me permettent de vous livrer un petit coin de moi, de ce qui m'habite.

Il arrive parfois qu'on me demande pourquoi j'écris ici, qu'est-ce que j'y cherche? Qu'est-ce que ça m'apporte? Pourquoi ici? Et alors, à mon tour je m'interroge...

J'avoue que je ne trouve pas toujours les réponses mais les questions m'intéressent. Je sais que j'aime écrire, et ce, depuis fort longtemps. D'aussi loin que je me souvienne, écrire et parler (oui, je suis une vraie pipelette parfois;) me venaient naturellement, comme respirer. Et en fait, c'était aussi vital pour moi.

Je me souviens à l'école, d'une petite insomniaque qui levait toujours sa main pour répondre. Et souvent, le professeur, un peu excédé qui lui disait: « On sait que tu sais, laisse répondre les autres à l'occasion.» Et ainsi j'ai appris à me taire, à retenir les mots, les idées, à éviter de déranger, d'envahir. Mais quand il y avait composition... Eh bien là, personne pour me retenir, jamais je ne me faisais prier pour remplir ma page, toujours quelque chose à exprimer ou à raconter. Et pas besoin de vous dire que j'avais bien du mal à comprendre ceux qui semblaient découragés devant leur page à couvrir de mots. J'aurais pu leur en fournir si on m'avait demandé ;)

C'est curieux parce que je n'ai jamais considéré cet aspect de moi comme quelque chose de spécial. On me disait «bonne en français», je l'étais, et ça n'allait pas plus loin. Quant à la parole, eh bien, comme j'avais vite appris à me taire, je donnais peu souvent mon opinion dans un groupe, quand je le faisais, on disait parfois que je «parlais bien». Tant mieux:) Mais ça faisait partie de moi, je n'y accordais pas plus d'importance qu'il ne le fallait. Pas par modestie, plutôt simplement parce que ça faisait partie de moi, que je ne fournissais pas d'effort particulier pour y arriver, que ça ne faisait pas mal. Encense-t-on quelqu'un parce qu'il respire bien?

C'était vraiment ainsi, les mots sortaient, et sortent encore, naturellement de moi, verbalement ou sur papier. J'ai longtemps tenu un journal sur papier (que j'ai détruit au milieu de la vingtaine dans un instant de spleen) mais cela me laissait toujours un peu insatisfaite parce que je n'étais pas lue. Donc, je ne communiquais pas mes idées ou mes sentiments.

J'écrivais aussi des poèmes qu'un ami avait réunis sur une plaquette et qu'il m'avait offerte. Je me souviens de l'émotion que j'avais ressentie lorsque j'avais vu mon nom sur ce livret imprimé. Bien sûr il n'en avait fait que quelques exemplaires. J'ai d'ailleurs perdu le mien après l'avoir prêté à un ami(pour être lue) qui déménageait à Québec et que je n'ai jamais revu (ni l'ami, ni le livret)... Mais il me semblait alors que j'avais trouvé quelque chose.

La vie a continué, les études, que j'ai fait en communications et en relations humaines bien entendu. J'ai aussi fait un peu de radio-étudiante. Je me souviens une année on m'avait demandé, à la radio-étudiante du CÉGEP que je fréquentais (Lionel-Groulx) , d'animer l'émission thématique pour la journée de la femme. Parce que j'étais à peu près la seule fille de l'équipe-radio... Le hic, c'est qu'on m'avait demandé la veille... Et aucune programmation n'avait été préparée... J'étais morte de peur mais j'avais plongé en improvisant au fur et à mesure(à 20 ans on est un peu casse-cou;) et l'émission avait été un succès, on m'avait félicitée d'avoir dit des choses intéressantes et pertinentes.... Honnêtement, je ne me souviens de rien, sauf d'avoir raconté un peu ce que je pensais dans un micro et d'avoir fait jouer de la musique que je trouvais intéressante. Et je me rappelle, une fois mon trac vaincu, le sentiment de plaisir que j'avais éprouvé à pouvoir parler à tant de monde librement:)

Suite à cette émission, on m'avait même offert de faire partie de l'équipe d'une radio communautaire qui devait alors s'implanter dans la région. J'avais alors décliné parce que je devais déménager à Montréal prochainement pour poursuivre mes études à l'université et que je n'avais pas de véhicule qui m'aurait permis de venir à la station. J'avais été honorée de cette offre mais sans plus, c'était si facile et agréable de parler, de m'exprimer.

À  l'université, comme au CÉGEP d'ailleurs, je faisais partie de plein de groupes et d'associations , je m'impliquais beaucoup, donnais mon opinion volontier lorsque nécessaire, pour des causes...

Puis le travail, le mariage, les enfants.... Plus tellement de lieux d'expression mais beaucoup de préoccupations, de responsabilités, des êtres de qui m'occuper. J'ai commencé à ressentir le manque de d'occasions pour m'exprimer vers la fin de la vingtaine, début de la trentaine. J'ai alors recommencé à écrire un journal papier, mais personne pour me lire.... Je m'apercevais que quelque chose sonnait toujours un peu vide quand j'écrivais. Mais je ne savais pas pourquoi.

Il y a environ un an et demi, j'ai découvert Internet et dans cette toile, je suis tombée sur un journal virtuel. J'ai bien sûr dévoré. C'était une américaine, Willa, qui racontait son quotidien, ses préoccupations, sa vision des choses.... Puis j'en ai découvert d'autres, et même en français:) Bien sûr, il y avait une grande distance pour moi entre lire et écrire, puisque je n'avais pas la moindre idée de comment procéder. Mais j'ai trouvé:)

Aujourd'hui je me suis créé ce petit coin sur la toile, ce lieu, rien qu'à moi, pour m'exprimer comme bon me semble. Je sais que je suis lue, pas par le monde entier, mais de savoir que certaines personnes s'arrêtent parfois et reviennent même, me fait du bien. Suis-je exhibitionniste? Sans doute un peu, mais avec ma pudeur à moi. Chose certaine, j'ai soif de m'exprimer et ici je bois. J'ai le plaisir de ne pas avoir à lever la main et de ne couper la parole à personne.

De plus je ne suis pas seule à aimer ce que je fais. Il y a bien sûr beaucoup de diaristes, tous différents, mais qui ont tous quelque chose de spécial, leur propre couleur, à nous communiquer. Et il y a aussi des regroupements, des endroits où on stimule et où l'on fait la promotion de tous ces journaux virtuels et de leurs écrivailleux:)

Je ne prétends pas tous les connaître, ceux dont je fais partie sont représentés sur ma page d'accueil afin de permettre à mes lecteurs de découvrir d'autres vies, d'autres visions et d'autres couleurs. Mais je me permettrai de vous en partager un, le p'tit nouveau, La Communauté des Écrits Virtuels. C'est un site qui est très bien fait, il s'y passe beaucoup de choses, on y trouve tout plein d'informations intéressantes sur les diaristes, les outils pour travailler son propre journal, les événements dans le monde des diaristes. On y trouve même une radio. Comme c'est le début de son existence, je veux souhaiter longue et dynamique vie à la Communauté des Écrits Virtuels. Merci de nous donner un lieu pour communiquer, de donner une place de choix à ce merveilleux canal de mots et d'idées qu'est  le journal virtuel. Voilà, ce sont mes mots pour ce soir.

 

À très bientôt,

L'insomniaque :)

 

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Un p'tit mot?