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Samedi le 29 janvier 2000,

On est comme on naît,

au fil d'une discussion, avec un ami de trop loin, une réflexion m'est venue: La façon dont on vient au monde serait-elle annonciatrice de notre façon de vivre? Drôle d'idée me direz vous. Et sans doute aurez vous un peu raison. Mais quand je pense à l'aventure de la naissance de mes deux fils et à leur façon bien personnelle d'aborder la vie, je ne peux m'empêcher de songer...Allez, je vous raconte...

Fils aîné, il y a presque treize ans. Drôle de grossesse. En fait, j'ai appris que j'allais devenir maman alors que j'avais presque 5 mois de grossesse de complétés... Impossible? Eh bien pourtant c'est vrai. Disons qu'à cette époque, bien que sachant que nous désirions être parents un jour (très très fort), mon conjoint et moi avions bien d'autres préoccupations urgentes. J'étais encore étudiante (j'achevais mon Baccalauréat) et je travaillais à temps plein pour gagner de quoi payer mes études et vivre. Mon conjoint travaillait aussi et songeait sérieusement à retourner aux études car le métier qu'il exerçait alors plafonnait rapidement.

Cet été là, j'avais suivi un cours intensif en écologie humaine en pleine nature à St-Michel des Saints, au Lac Lusignan et je devais, entre autres, vivre un 24 heures de solitude totale en pleine nature, avec, comme tout équipement, une tente et un sac de couchage (j'avais choisi une île, en plein milieu du lac en espérant que les ours ne sachent pas nager;) Je vous raconte tout cela pour vous dire que cette expérience, ainsi que d'autres activités durant cette merveilleuse semaine, étaient, somme toute assez exigeantes au niveau physique (et mental). Je me rappelle m'être sentie un peu bizarre physiquement, voire nauséeuse..:( mais comme j'étais déterminée à passer au travers et que je n'étais pas du genre à m'arrêter à ce genre de détails (en les ignorant on chasse souvent les petits malaises, foi d'insomniaque;) je ne me suis pas arrêtée outre mesure à ces signes... Je me rappelle aussi d'une marche de plusieurs kilomètres en pleine forêt alors qu'il faisait nuit noire. L'épreuve consistait à franchir cette distance, deux par deux, sans lampe de poche, en s'orientant du mieux qu'on le pouvait.... J'étais morte de trouille, mais si déterminée que j'avais franchie cette distance sans presque toucher le sol, dans un temps pratiquement record. Mon amie P. avait peine à me suivre mais elle n'avait pas le choix si elle ne voulait pas que je l'abandonne en pleine forêt car il n'était pas question que je vive cette angoisse une seconde de plus que le temps que ça prendrait pour retourner au centre où nous étions hébergés. Arrivée à destination je me rappelle avoir ressenti de vives crampes dans le bas du ventre que j'avais mis cela sur le compte de la nervosité et de la peur combinées à l'effort physique intense.

Je me souviens aussi de mon retour après les 24 heures de solitude, en chaloupe, sur un lac agité de fortes vagues et repoussée par le vent, je devais ramer deux fois, trois fois plus fort pour avancer de la moindre petite distance. À tout moment mon embarcation était virée de bord et je devais fournir un effort supplémentaire pour lui faire reprendre le droit chemin et continuer d'avancer... Le tout après un jeûne de plus de 24 heures en plus... Je me rappelle que le professeur et son assistant, me voyant peiner ainsi de la rive, avaient sauté dans une embarcation à moteur et étaient venus m'offrir de me remorquer jusqu'à la berge. Mais, encore une fois, je voulais y arriver seule et j'avais refusé poliment.... Finalement j'avais réussi mais en débarquant j'avais senti le sol bouger sous mes pieds pendant plusieurs minutes et j'avais été incapable d'avaler quoi que ce soit parce que mon estomac tanguais trop (je souligne ici que je ne suis nullement sujette au mal de mer normalement)

J'avais réussi à passer au travers des nombreuses épreuves de cette semaine (qui restera d'ailleurs gravée dans ma mémoire comme un des meilleurs souvenirs durant mes études:) Un autre flashback éclair: nous devions, lors d'une cérémonie faisant référence à la spritualité amérindienne, choisir intuitivement une pierre parmi plusieurs alignées côte à côte, et ensuite l'examiner pour trouver un sens. Celle que j'avais spontanément prise, me révéla, sur sa surface dissimulée contre terre, l'image d'un foetus replié sur lui même. J'eus beau chercher, je ne pus que conclure qu'il devait s'agir pour moi d'une renaissance quelconque...

Eh bien, en octobre suivant, après plusieurs manifestations de symptômes tous plus étranges les uns que les autres dont la sensation que quelque chose bougeait doucement dans mon ventre, j'avais finalement pensé à passer un test de grossesse et j'avais appris, dans un mélange d'émotions contradictoires, que j'allais avoir un enfant. Moi, l'insomniaque, je portais la vie en mon sein. Quelle aventure et quel honneur:))) Vous vous demandez sans doute comment cela se pouvait-il que j'aie pu vivre cet état sans me poser de questions avant... Eh bien, honnêtement, j'avais souvent des règles irrégulières et n'étais pas terriblement à l'écoute de mon corps. De plus, comme je le disais plus haut, j'avais beaucoup d'autres préoccupations et comme nous ne faisions aucune tentative dans ce sens....

Bref, quand le médecin confirma la nouvelle, il me restait environ 4 mois et demi de grossesse à vivre... Je me souviens que dès le mois de février le médecin m'avait prévenue que j'avais un col déjà ouvert à deux (sur dix) et que je ne devais pas compter me rendre à ma DPA (date prévue d'accouchement) fixée pour le 9 avril suivant. Eh bien, non seulement je m'y étais rendue, mais je l'avais dépassée largement... Après près de deux semaines d'attente, on me passa des tests pour s'assurer que le bébé ne subissait aucun inconvénient de ce séjour prolongé au centre de moi. Bien sûr, on décida que la situation ne pouvait plus durer et on décida d'induire la naissance sans plus tarder.

Encore une fois (c'est un trait chez moi;) j'étais morte de peur, et il me semblait inconcevable que je me présente de moi même, sans ressentir quoi que ce soit, pour que l'on me fasse vivre un accouchement alors que mon corps (et sûrement ma tête) en avait décidé autrement, Mais bon, difficile de refuser lorsqu'on invoque la santé de l'enfant à venir, j'acceptai donc de me prêter à la cérémonie médicale à laquelle on me sommait. On essaya d'abord des méthodes douces ( rompre les eaux...) mais devant l'absence de résultats on sortit l'artillerie et je fut piquée de partout et l'on fit couler dans mes veines le pitocin (ou syntocin suis plus sûre) ce qui provoqua comme prévu des contractions puissantes.

Je vous ferai grâce de tous les détails mais je vous dirai simplement que je vécus un accouchement long et dur, que ma pression s'éleva dangeureusement et que je demeurai, pendant toute la cérémonie, à moitié inconsciente par la douleur combinée aux nombreux médicaments qu'on faisait circuler dans mes veines, qui pour accélérer le travail, qui pour faire descendre le niveau de ma tension artérielle, qui pour me soulager un peu et me permettre de dormir et de reprendre des forces entre chacune des contractions de plus en plus rapprochées.

Je me rappelle que lorsque je fus prête à la naissance comme telle, on m'amena dans la salle d'accouchement et on me demanda de pousser ce que je fis plus ou moins efficacement à cause de mon degré d'épuisement. Deux heures plus tard, je vis apparaître ce petit être qui ne pleurait pas (mais qui gigotait, ouff:) et je me rappelle que l'on se soit inquiété tout autour du fait qu'il ne pleurait pas alors qu'en mon fort intérieur je me disais qu'il n'avait nul besoin de pleurer puisqu'il était bien arrivé à destination et qu'on allait en prendre grand soin. Je venais de découvrir, dans un regard, ce qu'était le véritable amour profond et inconditionnel.

Et pourtant, à l'image de sa venue au monde, rien n'a été facile avec et pour lui depuis ce moment. Dès ses premiers jours de vie, il se mit à être malade. Oh, heureusement, jamais rien de très grave, mais toujours quelque chose et la plupart du temps des maladies inhabituelles, difficiles à diagnostiquer. Malformation urinaire demandant un suivi régulier et sérieux(il fut même hospitalisé pour dix jours à cet effet alors qu'il n'avait que 6 jours) asthme, otites à répétition nécessitant deux opérations pour installer des tubes afin que le liquide infecté s'écoule (sans quoi la surdité partielle le guettait) Mon bébé.....

À l'image de sa santé, chacune des étapes de sa vie d'enfant fut parsemée d'obstacles... Premier petit enfant et neveu, il fut traité avec beaucoup d'attention et d'amour par tout le monde. Mais il était (et est toujours) exigeant et sensible. Dur dur, surtout lorsque d'autres enfants firent leur apparition dans l'entourage et qu'il perdit une partie de l'exclusivité dont il avait profité pendant ses premières années.

Passionné, il vécut son premier échec amoureux à l'âge de 4 ans, alors que Sophie, dans la classe de prématernelle, décréta avec fermeté qu'elle ne voulait rien avoir à faire avec lui... Vous souriez? Eh bien je vous dirais que lui prenait cela très au sérieux. Je me rappelle clairement une promenade en voiture seule avec lui un soir à cette époque. À la radio jouait une chanson triste qui parlait d'amour déçu et de désespoir... Mon petit bonhomme de 4 ans et demi tout silencieux près de moi, soudain il s'adresse à moi d'un ton sérieux: « Maman, cet homme qui chante, il se sent comme moi avec Sophie...» Ouille :((((

Il y a tant d'anecdotes que je pourrais vous raconter. Mais l'essentiel c'est que rien n'a jamais été facile ou évident pour lui. Ni l'école, ni les amis, ni les relations d'autorité, ni la santé.... Il a fallu(et il faut encore) pousser très fort sur lui pour toutes les étapes à franchir. Aussi fort que j'ai dû pousser sur lui pour qu'il naisse... Et pourtant, il est plein d'enthousiasme et de potentiel et est très persévérant. Autant que je l'ai été à traverser ma semaine intensive alors que je le portais en moi sans même le savoir....

Alors, vous voyez? Je ne peux m'empêcher de rapprocher le processus de sa venue au monde avec celui de sa vie. Demain je vous raconterai l'histoire de mon fils cadet. Vous verrez qu'il y a aussi là des rapprochements intéressants à faire.

                                                                      À bientôt,

                                                                     L'insomniaque :)

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