Journal d'une
insomniaque
Dimanche le 14mars 1999,
Sensations printanières,
tout pour nous faire croire que le pire est passé. Mais attention! Il ne faudrait surtout pas nous délester de nos protections hivernales trop vite! On ne sait pas ce que la nature nous réserve pour les semaines à venir.
Comme la vie, finalement, on ne sait jamais ce qui nous attend au détour du chemin. Quand on est parent c'est encore pire(je crois), car en plus de notre évolution personnelle et de ses crises périodiques, nous devons également passer au travers de tous les travers de notre progéniture chérie!
Et Dieu sait qu'il y en a des obstacles à franchir! Après la fragilité du poupon, il y a l'inconscience de la petite enfance. Puis, vient la conquête de l'autonomie de l'âge scolaire, suivie des bourrasques de la pré-adolescence. De plus, il y a toujours quelqu'un pour nous dire, alors qu'on se débat pour survivre à une des phases susmentionnées, que cela n'est rien comparé à l'adolescence et que c'est à ce moment que nous y goûterons vraiment!
Dans ces moments, une petite voix en nous, susurre à notre oreille courroucée: C'est cà avoir des enfants, et tu en voulais, n'est-ce pas??? Oui mais, dans le catalogue ils n'étaient pas comme cà. Je crois que j'ai été flouée... Pourtant tous les parents que je connais se font la même réflexion à peu de détails près, à un moment ou à un autre.
Alors qu'est-ce que c'est? L'appel de la nature peut-être? L'instinct de survie de la race? En tout cas c'est très fort et une fois qu'on y a répondu, pas question de faire demi-tour. On est directement entrainé dans un tourbillon d'actions et d'émotions absolument impossibles à contrôler. Et c'est ainsi que l'on devient parent(s).
Comment on s'en sort, par contre, cà c'est beaucoup moins clair! Ce n'est écrit nulle part et, si je me fie à mes propres parents; C'est pas demain la veille!!! Vous pensez sans doute que je suis un monstre qui ne sait pas apprécier les merveilleux chérubins que la vie lui a envoyés. Ce n'est pas vrai, j'apprécie très bien mes enfants, surtout lorsqu'ils dorment, mais aussi dans la vie de tous les jours lorsque je les voit franchir un obstacle, surmonter une difficulté et faire leur place à leurs couleurs et à leurs facons propres. Ce que je trouve difficile, c'est d'être un bon guide, un bon coach, et de ne pouvoir contrôler leur environnement et les décisions qu'ils y prendront. Ce que je trouve difficile, c'est surtout de laisser mes poussins sortir du nid et accepter qu'ils possèdent un destin propre, une mission et une personnalité intrinsèque. Et de les regarder se débattre, à travers mes propres combats, et de ne pas pouvoir esquiver les coups pour eux.
Voilà, ce qui rend le rôle de parent si exigeant, ce n'est pas tout ce que tu fais mais plutôt tout ce que tu ne peux pas faire. Et les cheveux gris qui en découlent. Et ce, avant même d'avoir traversé l'adolescence. Tout un programme. Toute une vie. Et ce, avec le défi à relever de continuer à exister comme individu, et de mener nos propres luttes.
Bon, je vous laisse pour aujourd'hui, j'ai des devoirs à réviser! J'espère que vous avez bien profité de ce beau dimanche ensoleillé, car on annonce de la neige pour demain: Bon retour au boulot!
L'insomniaque
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